Europe and Islam

De 1954 à 2025 : Comment l’islamisme s’est enraciné en France. Ou la vérité si je mens sur l’islamisme !

par David Duquesne

1954-1962, Le FLN, héritier des Oulémas et verrou de l’assimilation

On présente souvent la guerre d’Algérie comme une lutte uniquement nationaliste. En réalité, le Front de libération nationale (FLN) s’est appuyé dès l’origine sur un socle religieux : l’héritage du Conseil des Oulémas musulmans algériens, fondé par Abdelhamid Ben Badis dans les années 1930.

« L’Islam est notre religion, l’arabe notre langue, l’Algérie notre patrie » — le mot d’ordre des Oulémas, toujours enseigné dans les manuels scolaires algériens.

En France, le FLN a organisé sa diaspora via un réseau de bureaux politiques, chargés de :

  • récolter l’impôt révolutionnaire pour financer la lutte ;
  • empêcher toute assimilation à la culture française.

Ce contrôle était impitoyable : plus de 4 300 Algériens furent assassinés en métropole par le FLN pour refus de payer ou volonté de s’intégrer.

L’antisémitisme, déjà présent pendant la guerre

L’islamo-nationalisme du FLN visait aussi les Juifs. L’exemple le plus marquant reste l’assassinat de Raymond Leyris (dit Raymond Léris), grand maître de la musique arabo-andalouse et beau-père d’Enrico Macias, en 1961.

Cet artiste incarnait l’entente judéo-musulmane, faite de partage culturel et musical. En l’abattant, le FLN a voulu signifier que les Juifs n’avaient plus leur place dans l’Algérie indépendante.

Note historique : les Juifs d’Algérie n’étaient pas des “étrangers”. Leurs communautés existaient bien avant l’avènement de l’islam et avant même l’arrivée des Arabes en Afrique du Nord, parfois depuis l’Antiquité. Leur enracinement était autochtone et plurimillénaire. De même, en France, la présence juive est attestée dès l’époque romaine, avant même la christianisation de la Gaule. Autrement dit, en Algérie comme en France, les Juifs faisaient partie intégrante de l’histoire la plus ancienne — et leur exclusion par la violence islamiste a constitué une négation de cette mémoire profonde.

C’est dans ce climat que l’immense majorité des 130 000 Juifs d’Algérie a fui en 1962, rejoignant la France. Cette hostilité ressurgira plus tard dans les discours islamistes des années 1990 et culminera tragiquement en 2012 avec la tuerie de l’école juive de Toulouse par Mohamed Merah.

1991, Le vote qui disait tout

En décembre 1991, l’Algérie organise ses premières législatives pluralistes. Le Front islamique du salut (FIS) arrive largement en tête, avec un projet assumé de califat et de purification violente du pays.

En France, le soutien est massif : sur 500 000 inscrits, près de 400 000 votent FIS (≈ 80 %). En Algérie, le FIS obtient 47 % des voix.

Les années 1990, L’asile, l’implantation et le juridisme français

  • 1993 : jurisprudence clé → la France ne peut plus rejeter automatiquement les demandes d’asile des militants FIS.
  • Accord franco-algérien de 1968 → régime dérogatoire, offrant aux Algériens des conditions de séjour plus favorables que le droit commun.

Résultat : des réseaux islamistes s’implantent dans les mosquées, associations et quartiers. Entre 1991 et aujourd’hui, la France a accueilli 600 000 à 800 000 Algériens supplémentaires. Les Algériens sont devenus la première nationalité étrangère (≈ 900 000 ressortissants) et plus de 2 millions de Franco-Algériens vivent aujourd’hui dans le pays.

Statistiquement, une part notable de ces arrivées provient d’une population où la moitié avait voté FIS : il existe donc — et il persiste — un socle démographique et culturel favorable à l’islamisme.

Le grand déni (1990-2010)

Ceux qui alertaient sur la montée de l’islamisme étaient disqualifiés : accusés de “racisme”, de “fachisme” ou d’“islamophobie”. Des opposants à la venue de Tariq Ramadan en France ont été publiquement stigmatisés.

Le résultat ? Une décennie de cécité volontaire, qui a permis à l’idéologie de s’implanter et de se banaliser.

2001, Le choc global

Le 11 septembre 2001 révèle que le discours entendu dans certaines mosquées ou quartiers français est le même que celui d’Al-Qaïda : haine des Juifs, rejet de l’Occident, désignation des gaouris.
La cible n’est pas une abstraction institutionnelle, mais la France en tant que nation.

2012, Mohamed Merah, révélateur sanglant

Mars 2012 : Mohamed Merah assassine trois militaires français, puis un enseignant et trois enfants dans une école juive de Toulouse.

Ses victimes :

  • Imad Ibn Ziaten (d’origine marocaine),
  • Mohamed Legouad (algérien),
  • Abel Chennouf (pied-noir),
  • Loïc Liber (Antillais, blessé à vie).

Point commun : l’uniforme français. Puis Merah s’en prend aux enfants juifs.

Son frère Abdelghani Merah raconte que le quartier glorifiait Mohamed comme un shahid. Latifa Ibn Ziaten, mère d’Imad, témoigne que des jeunes lui disaient : “Merah est un héros”.

2015, De l’urne à la kalash !

Trois ans plus tard, les attentats de Charlie Hebdo, de l’Hyper Cacher et du Bataclan démontrent la continuité :

  • 1991 : un bulletin de vote (FIS).
  • 2015 : une kalash (djihadistes français).

2025 , Une idéologie persistante

Aujourd’hui, plus de trente ans après 1991, l’islamisme n’a pas reculé. Des sondages révèlent qu’une part importante des jeunes musulmans de France estime que la charia prime sur la loi française. Dans les quartiers, les insultes gaouris ou kouffar traduisent une hostilité identitaire profonde.

Conclusion: Un projet totalitaire enraciné

Parler de “communautarisme” est un contresens. L’islamisme est un totalitarisme, comparable au nazisme ou au bolchevisme :

  • il impose une vérité unique ;
  • il désigne des ennemis (Juifs, Français, “mécréants”) ;
  • il légitime la violence politique.

Dès les années 50, le FLN bloque l’assimilation et élimine un symbole de l’entente judéo-musulmane avec Raymond Leyris.
En 1991, 400 000 électeurs algériens en France votent FIS.
En 2012, des jeunes glorifient Merah.
En 2015, d’autres massacrent à Paris.
Et en 2025, l’idéologie demeure — portée par un socle démographique et culturel importé d’Algérie, amplifié par des décennies de déni.

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