Perditions idéologiques :
laïcité, antisémitisme, communautarisme

Ce blog est né des discussions entre les représentants de diverses disciplines universitaires, inquiets de la propagation des idéologies dangereuses pour l’existence des valeurs républicaines universalistes auxquelles nous adhérons sans réserve. La nébuleuse des discours soi-disant antiracistes, pacifistes, féministes, post-colonialistes et indigénistes qui s’inscrivent dans la doxa émotionnelle de l’époque est régie par la rhétorique qui sert à travestir les attaques contre l’universalisme républicain. La difficulté de comprendre les véritables enjeux de ces discours est le fait qu’ils utilisent les mots empruntés à l’idéologie universaliste en les détournant de leur signification propre, qu’ils recourent au vocabulaire connu et validé par la communauté démocratique et la mémoire collective de la société française en l’utilisant à des fins de combat idéologique contraire. Les mots des Droits de l’Homme, de la tolérance, du respect et de la liberté des croyances, de l’égalité entre les hommes et les femmes de toutes les couleurs utilisés dans les constructions argumentatives habiles servent à renvoyer à des réalités bien différentes de celle qu’ils désignaient initialement. Ainsi, par exemple, au nom de la différence et de la diversité des croyances, les discours des intellectuels qui justifient la propagation des idées islamistes contraires à la démocratie occidentale fondée sur la séparation des pouvoir religieux et politique trouve leur place centrale dans l’espace publique.

Le dogme du discours anti-identitaire oblige certains acteurs sociaux, souvent les Juifs, à prendre parti contre eux-mêmes et pour leurs adversaires de peur d’être accusés de communautarisme. Tel est, par exemple, le cas des « intellectuels » juifs qui soutiennent les thèses antisémites des Indigènes de la République.

Dans ces discours qui se présentent souvent comme des grands récits vertueux, la réalité politique et historique est soumise à un remaniement idéologique. Tel est par exemple le cas d’un certain discours sociologique et médiatique qui essaie de présenter les jeunes islamistes radicalisés comme victimes de la société raciste, en proie « à ses propres contradictions », souffrant des préjugés xénophobes qui n’arrive pas à les intégrer. Tel aussi est le cas du discours néo-féministe qui construit le réel à partir d’une image de mâle incarnant les pulsions de la mort dirigées vers la femme. Tel aussi est le discours antisioniste, très présent dans la société française, qui, sous la couverture vertueuse de de critique « légitime » d’Israël, nourrit la haine des juifs et contribue à la propagation de l’antisémitisme sous toutes ses formes et modalités.

Il y a un invariant dans tous ces discours, celui de la victimologie généralisée. Tous construisent une catégorie socio-discursive de « victimes ». L’espace social que nous partageons est rempli de victimes : femmes, musulmans, palestiniens, jeunes des banlieues, indigène de la République, colonisés, dominés etc. L’injonction implicite ou explicite de compatir avec les victimes exploite la doxa humaniste en imposant l’angélisme simpliste et le détournement des problèmes sociaux et politiques complexes.

Nous aimerions présenter ici la déconstruction de ces discours qui nous semblent saper le fondement de la liberté de la pensée et nuire à la vie démocratique de la cité. Nous le faisons en nous appuyant sur les concepts et méthodes de l’analyse du discours, la psychologie sociale, la logique, la linguistique et l’histoire des idées.  Ce blog se présentera comme un travail d’analyse de chercheurs engagés, mais pas enragés, pour reprendre la formule d’un linguiste et analyste du discours Alain Rabatel.

 

French linguists analyse antisemitism, religion and sectarianism

This blog is the outcome of discussions among specialists of various academic fields, concerned by the rise of ideological claims that aim to fight the humanistic values of French and Western culture. The dubious aggregate of so-called ‘antiracist’, ‘pacifist’, ‘feminist’, ‘post-colonial’ groups harping on contemporary pathos are all based on a set of rhetoric tricks serving to attack the core of values that hold the nation together.

The difficulty to understand what is really at stake with those positions is the fact that they use and misuse words and phrases borrowed from mainstream egalitarian ideology in order to fight its most basic values, distorting the proper meaning of a consensual political vocabulary that has long been validated by the national community and by the collective memory of the French society. The phrases taken from the philosophy of Human Rights, of tolerance, of respect for religious freedom, of equality between sexes and races have been skilfully integrated into argumentative strategies whose goals differ widely from that philosophical corpus. Surprisingly enough, ‘freedom’ and ‘tolerance’ have thus been enrolled in Islamic propaganda by zealots to promote their own platform and gain power within the public sphere, supposedly devoid of religious control in the western democratic nations.

The dogma of altruism forces intellectuals to spurn their own cultural identity and side with their opponents so as not to be accused of sectarianism. A lot of Jewish thinkers are thus intimidated into supporting anti-Semitic groups such as the “Indigènes de la République”.

Taking the moral high-ground many contemporary ideologists produce a warped version of political and historical reality in line with their personal agenda. Such is the pseudo-sociological attitude that has become prevalent in the media which aims at presenting young Islamic jihadists as victims of a racist society whose prejudice is responsible for failing to assimilate them. Or the neo-feminist judgement of males as pure embodiments of violent instincts. Or the anti-Israel positions — actually a mainstream position in France — whose purportedly ‘critical’ and ‘legitimate’ view of Israel actually fuels Jew hatred and contributes to spreading rabid antisemitism.

Those attitudes share a common bias based on victimhood. Claiming to be a victim becomes a moral entitlement, a social and discursive stance. The social sphere has thus been filled with victims of all sorts—women, Muslims, ‘Palestinians’, banlieues youth… Everybody seems to have been colonised and oppressed. The social demands for empathy have become injunctions, exploiting and co-opting the prevailing humanistic morality and bringing a simplistic and placatory view of complex social and political questions.

Our aim is to show the inner workings of those positions, the rhetoric nuts and bolts of ideas that attack freedom of speech and thought as well as the fundamentals of life in a democratic nation. Our analyses are based upon the concepts and methods from discourse analysis, social psychology, history and philosophy.