identité, imposture, post-modernisme, question juive

Le faussaire Shlomo Sand: entre le discours identitaire et le discours linguistique

par Yana Grinshpun

« Celui qui applique les mots d’une langue à des idées différentes de celles qu’ils signifient dans l’usage ordinaire du pays,  a beau avoir l’entendement rempli de lumière, il ne pourra guère éclairer les autres sans définir ses termes  (Lock 1689 )

Les notions « imposteur » et « faussaire » partagent le même champ sémantique. Les imposteurs trompent pour se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas, les faussaires altèrent la vérité. Une brève consultation de quelques dictionnaires du français permet, malgré la circularité des définitions de l’attester :

Le Dictionnaire historique de la langue française

« Le nom a désigné au XVII° siècle une imputation mensongère, une calomnie (1643) et une fausse apparence, une illusion », et qu’il reste littéraire au sens de « tromperie d’une personne qui se fait passer pour ce qu’elle n’est pas (1670), et d’apparence trompeuse. »

Le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales,  propose une définition  suivante:

A. « Acte, parole qui tend à tromper autrui dans le but d’en tirer profit », en renvoyant à plusieurs synonymes : « duplicité », « fausseté », « tromperie », « mensonge », « blâme ». Par extension, le terme désigne le « Caractère d’une œuvre d’imitation inavouée », et, par métonymie, « l’œuvre même », comme « un faux ». B. « Attitude de celui qui cherche à tromper autrui sur sa propre personne, sur son caractère » ; Sartre : C’était m’enfoncer dans l’imposture. Condamné à plaire, je me donnais des grâces qui se fanaient sur l’heure (Les Mots, 1964, p. 67). En particulier, « Attitude, action de celui qui se fait passer pour ce qu’il n’est pas, pour une autre personne », synonyme : « usurpation ».

Nous allons nous intéresser au discours qui prétend démasquer une imposture en en commettant une à son tour. Il s’agit de l’accusation d’imposture lancée par Shlomo Sand, un historien israélien, contre l’historiographie israélienne et, partant, contre l’Etat d’Israël dont les idéologues sionistes fabriqueraient une identité nationale qui ne relève que du faux. Les « sionistes », la synecdoque de l’Etat d’Israël, (l’Etat représente pour Sand un appareil de contrôle et de domination de la pensée et de l’écriture de l’histoire juive) ont fabriqué l’identité actuelle du peuple juif, et le faisant ils ont commis une imposture.

A partir de 2008, Shlomo Sand publie une trilogie citée ici dans l’ordre d’apparition en France: 2008 Comment le peuple juif fut inventé, 2012 Comment la Terre d’Israël fut inventée. De la Terre Sainte à la mère Patrie. 2013 Comment j’ai cessé d’être juif.

Les analyses détaillées de ces ouvrages ont été proposées par les spécialistes de l’histoire et de la littérature juive, de l’analyse du discours, du droit et de la philosophie dans les cadres différents : M. Hadas-Lebel (2009), G. E Sarfati, (2009), Sh. Trigano (2011), C. Klein. (2014). Les chercheurs cités montrent que les discours de Sand sont le produit idéologique du déconstructivisme et s’inscrivent dans le processus de la critique du concept « Etat-Nation » et que les « révélations » de l’auteur concernant les origines turques des Juifs actuels sont un objet de controverses bien décrites et référencées pas les historiens israéliens, ceux-là mêmes que Sand accuse d’occultation. Notre contribution à l’analyse des ouvrages de cet auteur s’inscrit dans la lignée des travaux cités et prétend montrer comment le discours de Sand fausse non seulement les données historiques, mais aussi les données sémantiques et linguistiques.

Pour Shlomo Sand l’identité collective des Juifs désignés par le mot « peuple » est une invention des théoriciens sionistes au XIXe siècle, alors qu’en réalité les Juifs ne seraient que les adeptes d’une religion. La religion ne peut pas prétendre à former une nation, par conséquent, l’identité du peuple qui habite dans l’actuel Etat d’Israël et qui prétend être unis par des liens historiques et culturels n’est pas juive. Pour cet historien, le peuple juif est un ensemble de gens qui sont unis par leur observance du judaïsme, il y a des Juifs mais le peuple juif est une invention idéologique.

Les principaux blocs argumentaires qu’avance Sand seront analysés ici en deux temps. Dans un premier temps, nous montrerons les ressorts argumentatifs du déni de l’identité nationale juive, dans un deuxième temps, nous analyserons les arguments linguistiques que Shlomo Sand convoque pour étayer sa thèse de l’invention.

I. Identité

-Les juifs ne constituent pas un peuple, car ils n’ont pas la même origine biologique et qu’ils ne partagent pas les mêmes gênes.

-Le « peuple juif » n’existe pas et, par conséquent, il n’a pas été exilé après l’année 70 de l’ère commune (l’année de la destruction du deuxième Temple de Jérusalem, par l’empereur romain Titus). L’exil est un mythe et il n’a jamais eu lieu.

-« Le peuple juif » est une invention des historiographes sionistes, car ils ont sciemment occulté le fait qu’une grande partie des juifs européens actuels proviennent de la conversion des Khazars (tribu turque qui vers le XIII siècle se convertit massivement au judaïsme). Par conséquent, les gens qui se disent juifs n’ont pas d’origines biologiques communes.

La notion d’« identité » a fait et continue à faire l’objet de nombreux travaux de recherche dans presque tous les domaines des sciences humaines : sociologie, psychologie, histoire, anthropologie, psychanalyse, philosophie politique. Dans la perspective de l’analyse du discours, l’étude de cette construction implique l’analyse des procédés discursifs, argumentatifs, rhétoriques et énonciatifs qui contribuent à la compréhension de ce phénomène. Il peut être question de la mémoire collective, du positionnement des acteurs, de l’inscription dans l’archive historique (mémoriel) et discursif, de la prise en compte du contexte socio-historique etc. Selon Roselyne Koren et Paola Paissa (2020 à paraître), le concept d’identité collective englobe au moins trois composantes :

  • la mémoire collective et les modes de transmission de l’histoire au sein d’un groupe, sous des formes plus ou moins stéréotypées :
  • l’ethos collectif, c’est-à-dire l’image de soi  (jalon quant à la singularité) que construit le discours du groupe
  • un système de valeurs négatives ou positives, c’est-à-dire une axiologisation collective et partagéequi accompagne toute opération discursive produite par les collectifs de parole (les dispositifs énonciatifs, le choix et la disposition des arguments: inventio, dispositio, actio etc.)

L’identité collective serait ainsi un cadre psychique, culturel, politique qui correspondrait à un système de valeurs partagées, préétablies, intériorisés par les membres de la collectivité, qui affirment leur autonomie, leur singularité et leur différence.

Shlomo Sand essaie de prouver que l’identité collective du peuple juif est une construction fondée sur des bases conceptuelles, historiques et mémorielles fausses et imaginaires. Il s’agit ainsi d’une imposture identitaire mise en avant par un appareil étatique dominant. La conséquence de cette invention, selon lui, est le fait que la communauté qui s’en réclame n’est pas à sa place ou n’a pas lieu d’être, car elle n’est pas ce qu’elle est.

Equations efficaces : sionistes=faussaires, sionisme=régression

Dans les ouvrages analysés, Sand impute « l’imposture » existentielle qui consisterait à inventer un peuple qui n’existe pas aux historiographes sionistes. Shlomo Sand les appelle « sionistes » attribuant à ce terme une connotation péjorative, dominante dans le discours européen où le mot possède une force de délégitimation par l’apposition de l’épithète au substantif quel qu’il soit, et est entouré de légende noire[1], entretenue par les arguments de l’auteur. L’emploi de ce terme en tant que prédicat pose un problème, car il découle de la perception du sionisme qui est pris à travers l’épistémè moderne de l’universalisme post-national. Il est donc souvent utilisé par Sand de manière anachronique. Sand écrit ses ouvrages à l’ère de la critique virulente de l’Etat Nation : or, comme le sionisme est un mouvement national qui avait pour finalité la fondation d’un Etat-Nation, il est disqualifié d’emblée à la lumière de l’idéologie contemporaine dominante (voir Sh. Trigano 2015). Par conséquent, la qualification « sioniste » prépare et conditionne la réception de son texte et fonctionne comme argument préalable non explicité. Sioniste s’oppose à « neutre », « objectif », « non-idéologique ». L’équation efficace (pour reprendre la formule de Georges-Elia Sarfati)  consiste ben gros à dire que sioniste =biaisé, faux, mais aussi : archaïque, régressif.

Selon l’auteur, les historiographes sionistes occultent et falsifient les données des discours sur les modalités d’existence du peuple juif. Sand n’utilise pas le mot « construction » qu’on rencontre souvent dans les discussions sur l’essence des peuples, des identités ou des cultures et qui renvoie à des procédés d’assemblage de croyances et de connaissances, mais bien celui d’ « invention ». Ce terme prétend circonscrire l’imposture qui est d’une part l’existence du peuple juif et d’autre part celle de l’Etat d’Israël.

Nous avons consulté un certain nombre de dictionnaires, partant de l’idée que le travail de lexicographe quelle que soit son idéologie et son positionnement est postérieur à l’usage des mots. Il était également important de voir quel est le sens qu’on donne aux termes discutés en hébreu (car Sand a rédigé son ouvrage dans cette langue, ce qui peut laisser penser que l’usage du mot « peuple » n’est pas le même chez les hebréophones et chez les francophones.)

Dans tous les dictionnaires consultés en français et en hébreu, les notions de biologie ou de génétique sont soient absentes, ou bien apparaît le mot « origine ethnique » .

קבוצת אנשים בעלי מכנה משותף של ארץ, שפה, תרבות וכדומה https://milog.co.il/%D7%A2%D7D

(Trad. Ensemble de personnes qui ont en commun un pays, une langue, une culture etc.)

https://he.wikipedia.org/wiki/%D7%A2%D7%9D

המונח עם ניתן להגדרה כ קבוצה חברתית בעלת מספר מאפינים משותפים יחודיים כגון מוצה אתני, שפה, דת תרבות, הסתוריה, מנהגים או אזור גאוגרפי.

(Trad. Le terme “people” est défini comme un groupe social qui possède un certain nombre de propriétés communes, comme par exemple, origines ethniques, langue, religion, culture, histoire, traditions ou région géographique).

Les termes gras soulignés qui participent de la définition sont : « groupe social », « ethnie », « région géographique », « histoire commune », « culture », « langue ».

L’auteur de l’article « peuple » en hébreu remarque qu’il existe des gens qui font entrer le terme « race » dans la définition du peuple, et « même ceux pour qui « race » et un synonyme de « ethnie » (c’est nous qui traduisons).

Petit Robert

Peuple I (populus) ensemble d’êtres humains vivant en société, habitant un territoire défini et ayant en commun un certain nombre de coutumes, d’institutions. –ethnie, nation, pays, population, société

Peuple II Ensemble des personnes soumises aux mêmes lois ; ensemble des personnes, des citoyens qui constituent une communauté.

TLF

PEUPLE, subst. masc.
A. 1. Ensemble des humains vivant en société sur un territoire déterminé et qui, ayant parfois une communauté d’origine, présentent une homogénéité relative de civilisation et sont liés par un certain nombre de coutumes et d’institutions communes.

Rem. 1. Sur l’empl. de peuple et nation, v. nation B 1 a rem. 2. 2. La notion de peuple est très vague et peut correspondre à une ethnie: Un peuple peut se confondre avec une ethnie ou rassembler plusieurs ethnies (GEORGE 1970), à une communauté politique, linguistique ou culturelle:

Sand consacre un chapitre entier de son ouvrage à la discussion de cette notion

Le présupposé selon lequel pour constituer un peuple, les juifs devraient disposer du même code génétique (appartenir à la même race ou « même groupe ethnique », le terme qui a remplacé le mot « race » dans le vocabulaire français cf. Taguieff 2018) est qu’un peuple est un groupe fixe, homogène génétiquement. Il attribue ce présupposé aux « sionistes » qui l’auraient incorporé dans leur définition du peuple juif et conclut

« Ainsi donc Hitler, écrasé militairement en 1945, aurait en fin de compte remporté la victoire au plan conceptuel et mental dans l’Etat « juif » ? »  (p.35) Comment le peuple juif fut inventé

Sand projette sur « les sionistes » la définition hitlerienne : juifs = race, il dit qu’Hitler a gagné idéologiquement, car « les sionistes » ont adopté cette définition. Ainsi Sand semble reprocher aux « sionistes » la définition hitlérienne. L’historien réduit l’idéologie hitlérienne, à une vision raciale du peuple juif, (une vision qui n’est pas propre à Hitler, mais qui existe depuis le XIXème siècle) Ce qui est propre à Hitler…est un « détail » -l’extermination du peuple. Pour que les sionistes eussent fait triompher l’idéologie hitlérienne,  il eût fallu qu’ils se gazent eux-mêmes.

Et quand bien même « les sionistes » auraient pris une mauvaise définition du peuple juif, cela n’invalide pas son existence. Ce n’est pas parce qu’on donne une mauvaise définition des éléphants que les éléphants n’existent pas.

En imputant aux « sionistes » l’usage « racial » de « peuple », qui serait plus tard repris par les idéologues nazis, Sand, l’historien israélien, de langue maternelle yiddish, né un an après l’extermination des Juifs d’Europe, a recours à cette composante biologique, qui semble aujourd’hui peu appropriée à la définition du mot « peuple » pour dire que les gens qui s’auto-dénomment « Juifs » ne le sont pas, car ils n’ont pas d’origine commune.

L’auteur, instruit au sein de la pensée européenne, spécialiste de l’histoire contemporaine, n’ignore pas les débats sur l’applicabilité du concept de « race » ou ses substituts langagiers : « ethnie » « groupe ethnique » Ce n’est pas tant son usage du mot « race » – (גזע) en hébreu-  qui est problématique pour un lecteur occidental habitué aux controverses quant à l’existence ou l’inexistence des races. Selon lui, la revendication sioniste est fondée sur une approche biologique et génétique qui est devenue le récit dominant des historiens officiels (et qui était, chemin faisant, aussi celui d’Hitler). Ces historiens masqueraient les origines « impures » des Juifs.

Sand cite notamment Zeev Vladimir Jabotinsky qui l’emploie. Malheureusement, il ne donne pas de référence de ses écrits, la citation reste invérifiable et le contexte de son énonciation non plus.

« l’essence de la nation, l’alpha et l’omega de son caractère distinctif, réside dans son apanage spécifique, dans la formule de sa composition raciale » (Jabotinsky)

Sand souligne que la pensée de Jabotinsky est axée sur la « croyance » en la continuité de l’existence physico-biologique d’un peuple juif tout entier issu d’une source ethnique.

Il présente par la suite les controverses qui ont lieu entre les généticiens en Israël et Etats-Unis : les uns trouvant les gènes communs à des groupes de juifs territorialement présentés, d’autres mettant ses découvertes en doute, comme preuve de l’illégitimité du raisonnement des « sionistes » du XIX siècle.

Le problème général de cette accusation est son anachronisme et la confusion épistémologique sur laquelle elle repose. La critique de ce concept du point de vue de l’historien actuel par rapport à la situation contemporaine est mal-fondée : à l’époque de Jabotinsky, la notion de « race » fonctionnaient comme épistémè faisant partie de l’arsenal conceptuel scientifique du début du XX° siècle. Voir à ce propos P. A. Taguieff (2018). Aucun « sioniste » contemporain ne raisonne en termes de « race ».

« L’impureté » qui serait « cachée » par les historiens officiels du public est le fait qu’il y a eu au cours de l’histoire des conversions au judaïsme, donc pas de transmission génétique au niveau biologique. Ce qui est faux lorsque l’on vérifie ce « silence » imposé dans les encyclopédies, des ouvrages historiques et des colloques consacrés à ce sujet en anglais, en français et surtout en hébreu (cf. l’article d’Israël Bart qui récence les ouvrages dont Sand dit qu’ils n’existent pas ou qu’ils sont occultés https://www.cairn.info/revue-cites-2009-2-page-167.htm), l’information sur les khazars est partout, et surtout dans l’encyclopédie principale consultée par les écoliers israéliens.

Dire que les « sionistes » occultent la vérité de la conversion s’avère être soit la méconnaissance de la littérature à ce sujet, soit le mensonge nécessaire pour construire une image négative « totalitaire » de ses confrères.

On peut résumer les étapes de son raisonnement de l’inexistence du peuple juif de la manière suivante :

  1. Pour les « sionistes », le peuple est, selon Sand, une entité dotée du même patrimoine génétique, une race, en substance. Or, il n’y a pas d’origines communes de cette entité, selon certaines études.
  2. De surcroît, il y a eu une population turque des Khazars (on ne sait pas comme Sand définit la « turquité » de cette population, selon les critères biologiques, religieuses ou culturelles, il ne le précise pas dans le texte) qui se sont convertis au judaïsme. Leur conversion religieuse montre que les origines biologiques juives n’existent pas ou sont « impures » et que la théorie des racines biologiques commune est fausse. Les sionistes et Hitler auraient tort.
  3. Cette conversion est l’argument massue pour prouver que ceux qui se disent Juifs ne sont que ceux qui pratiquent le judaïsme. On peut, en effet, devenir juif par conversion encore aujourd’hui.
  4. Les sionistes qui cachaient cette conversion avaient une approche raciste, car biologique et non pas culturelle ou religieuse
  5. Israël est le résultat du travail acharné des sionistes laïcs. Pour Sand, les Juifs laïcs ne sont pas juifs. Israël ne peut donc pas être juif, car ce pays ne se définit pas uniquement par les critères religieux.

On trouve le même raisonnement dans la définition des Juifs de la charte de l’OLP, la charte du Hamas et dans toutes les formations idéologiques ou philosophiques qui ont développé une conception semblable de l’identité juive

Cette manière d’assigner les juifs à la religion fait l’impasse sur le fait que les collectivités humaines ont des modes d’existence variés : une langue, des mœurs, des traditions, un territoire.

C’est aussi que l’histoire d’un peuple est une histoire politique, celle du destin collectif commun. « La solution finale » ne visait pas les individus juifs des pays européens, citoyens sans tradition ni filiation avec du sang juif mais une masse sans distinction de leur citoyenneté qui devait être détruite en tant que peuple.

Ce que Shlomo Sand appelle une « croyance » peut être soumis au questionnement. Sur le plan factuel, il est difficile de contester en bloc une corrélation entre transmission biologique et transmission culturelle, car en général, l’identité, en tout cas, certains de ses aspects se transmettent des parents aux enfants. Il va sans dire, qu’il existe des assimilations, des conversions, des adoptions, des enfants illégitimes etc. Tout cela est pertinent pour n’importe quel peuple.

Mais la caractéristique principale d’un peuple est culturelle et symbolique.Et le symbolique est une épreuve de la mémoire (D. Sybony 2001).Un peuple pourrait être constitué de plusieurs « races », et une « race » pourrait se décliner en plusieurs peuples. Quant à l’hypothèse de la provenance des juifs européens des Khazars, elle n’infirme en rien l’existence d’un peuple, mais à l’inverse, ne fait que la renforcer. Lorsque un enfant adoptif s’inscrit dans une autre histoire que celle de ses parents biologiques, il n’invente pas son identité, mais il s’inscrit dans la filiation de sa famille adoptive, qui lui a été transmise à son insu. La conversion, que Sand avance comme un contre-argument est justement un mode d’entrée possible dans un peuple. Étymologiquement, d’ailleurs, le mot peuple en hébreu « עם » veut dire « avec ».

Freud, dans L’homme Moïse et la religion monothéiste ainsi que dans Le Malaise dans la culture détache la notion d’hérédité de la conception biologique, il montre que l’histoire de Moïse est un récit constructeur de la formation du « juif » en l’inscrivant dans la mémoire collective d’un peuple. L’anthropologie freudienne renouvelle donc le concept d’hérédité en faisant l’hypothèse forte d’une hérédité non génétique, mais psychologique, fondée sur les transmissions inconscientes. Toutes les cultures humaines vérifient cette conception.

II. L’imposture linguistique

Deux principaux arguments linguistiques de Shlomo Sand portent sur l’absence de filiation des langues juives avec l’hébreu :

-le Yiddish n’est pas une langue juive, mais un dialecte Sorbe

-L’hébreu moderne n’est pas une langue juive, n’est pas une langue du peuple juif.

L’hébreu contemporain

Dans Comment et Pourquoi j’ai cessé  d‘être Juif, Sand dit

« La prétention du sionisme à ressusciter l’hébreu antique et la culture du « peuple biblique » relève de la quête mythique de références nationales inculquées à des générations des sionistes et d’Israéliens dans le monde » (p.62)

« Des linguistes sionistes entreprirent de donner naissance à une nouvelle langue dont le lexique principal fut certes puisé dans les livres de la Bible, mais dont l’écriture était araméenne et assyrienne (c’est-à-dire issue de la Mishna et non hébraïque), avec une syntaxe à dominante yiddish et slave (et nullement biblique). Cette langue est improprement appelée aujourd’hui l’hébreu (je suis moi-même contraint de recourir à cette appellation, par défaut) et il serait plus pertinent, à la suite de linguistes avant-gardistes, de la nommer « l’israélien » (p.62-63)

Nous avons déjà discuté l’usage du terme « sioniste », il s’inscrit ici dans une nouvelle opposition construite par Sand « sioniste » « avant-gardiste ». « Sioniste » fonctionnerait ici comme « réactionnaire, conservateur », adjectif doué d’un sème négatif. « Avant-gardiste » est un terme mélioratif, car il désignerait la modernité et le progrès. Qu’en est-il des langues et de leur description ? Les historiens des langues et les linguistes savent que les langues sont indissociables de l’histoire de leurs locuteurs, qu’il s’agisse des langues orales ou écrites. L’hébreu en tant que langue s’est conservé et était en usage depuis 135 de notre ère même si pendant des siècles il s’agissait d’un usage restreint. L’hébreu ne s’est jamais éteint complètement au point de devenir langue morte comme le latin ; il a connu des périodes d’évolution bien attestés par les spécialistes,  il a été modernisé à une grande vitesse depuis le travail d’E. Ben-Yehuda et est devenu la langue nationale des Juifs d’Israël par la transmission culturelle. Les informations linguistiques que cite Sand dans ce paragraphe sont inexactes. Nous renvoyons à un ouvrage très documenté d’Angel Saenz Badillos Historia de la lengua hebrea publiée en 1988 où l’auteur présente les différentes étapes de l’histoire de l’hébreu et de sa pratique, commençant par l’hébreu pré-exilique (la langue qu’on utilisait avant la première vague de l’exil au VII° siècle avant notre ère et jusqu’à nos jours).[2]  Dans le chapitre sur les discussions linguistiques autour de l’hébreu moderne, l’auteur note :

« After a period of discussion, BH (biblical Hebrew) was accepted as the basis of the new language, omitting a number of archaisms and obsolete structures, such as the consecutive forms of the verbs, cohortatives, and the infinitive absolute with emphatic function. Some components, like the basic system of tenses, were incorporated from Rabbinic Hebrew, although this was modified by the employment of BH structures in certain areas.  […] The usual standard for writing and pronunciation was to be the Tiberian system of vocalization, in combination with various matres lectionis to facilitate the reading of unpointed textes. “ (p.273).

D’un revers de paragraphe Sand expédie les discussions très connues dans la littérature spécialisée sur l’histoire de l’hébreu et le destin des textes hébraïques dans la période qui suit la destruction du Second Temple. Dire que la Mishna n’a rien d’hébraïque c’est faire l’impasse sur les nombreuses recherches linguistiques portant sur la langue de la Mishna. La langue en question est traversée par une souche lexicale importante d’araméen, certains morceaux sont effectivement rédigés en araméen. Mais de nombreux autres sont écrits en hébreu. Ce qui fait dire aux spécialistes de la langue qu’il existe un bilinguisme. Quant aux époques postérieures, dans la vie quotidienne, les Juifs parlaient les langues des pays où ils habitaient mais priaient en hébreu, l’utilisaient comme langue de communication orale et écrite dans d’autres pays. Voir Hadas-Lebel (1992) L’hébreu. Trois mille ans d’histoire, Saenz Badillos (1988) Historia de la lengua hebrea, Rosen (1979) Contemporary Hebrew etc ;

Après une discussion documentée sur la nature des différentes influences linguistiques, sur la constitution de l’hébreu moderne, Saenz Badillos note qu’il existe effectivement des interrogations sur la nature sémitique de l’hébreu. Les linguistes parlent de « l’indoeuropéinisation » de l’hébreu (p.277) malgré les composantes de deux systèmes linguistiques HB et HR, car la syntaxe de l’hébreu moderne est différente de l’hébreu biblique.

Il résume les discussions de manière suivante

« Nontheless, it needs to be emphasized that the means of expression inherited by IH, as well as the basic nucleus of its morhphology and syntax, are clearly Semitic in origin

Et conclut son étude fondamentale sur la langue (1988/ 1993 :287)

« The rebirth of Hebrew this century has without doubt been the most exciting of events for linguists because of the many unique features involved. Conceived and brought to reality by the determination of a people wanting to recapture its own identity, IH is not a result of natural evolution but of a process without parallel in the development of any other language. This, it represents the final link in a never completely broken chain, connecting it across more than 3000 years to the earliest passages of the Bible. The continuity of Hebrew’s literary heritage and the historical unity of the language are undeniable facts that run through the richly varied stages and forms we have tried to reflect in this book”.

Le déni de la continuité historique va jusqu’au déni linguistique, ce qui est contraire à toute étude sérieuse sur les structures de l’hébreu moderne et son histoire. La lecture du texte de Sand fait croire à une entreprise totalitaire des « sionistes » qui ont inventé une nouvelle langue de bric et de broc et l’ont imposé aux locuteurs involontaires.

Le yiddish

Sand s’en prend également au yiddish, en postulant que ce n’est pas une langue juive (faisant référence à un linguiste, Paul Wexler, qui soutiennent que le yiddish est une langue slave (ni juive, ni germanique) mais similaire à celle des Sorbes (langue née dans les zones tampons, entre les populations germanophones et slaves) et que cette langue est en train de disparaître comme le yiddish. Sand ne dit mot des travaux des spécialistes des études yiddish. Ni Max Weinreich, ni Jean Baumgarten ne sont mentionnés. La thèse de la slavité du yiddish va dans le sens d’une absence de continuité entre le substrat hébraïque et les dialectes du yiddish.

Tel n’est pas l’avis de Jean Baumgartner (1993 :22)

« L‘hébreu et l’araméen bien qu’abandonnés comme langues vernaculaires, continuèrent à être utilisés comme langues écrites ou de prière dans la riche littérature des actes rabbiniques ou des actes juridiques. Les communautés de la diaspora sont en situation de bilinguisme interne ; d’où l’existence, dans toutes les langues vernaculaires juives, d’une composante hébraïque qui constitue le substrat le plus ancien. On trouve ainsi en yiddish des mots et expressions qui viennent de l’hébreu biblique, mishnaïque et de la littérature médiévale. La composante araméenne a pénétré dans le yiddish par m’intermédiaire de la Mishna, des textes talmudiques et la littérature cabbalistiques.[…] Des substantifs yiddish d’origine hébraïques possèdent des formes plurielles multiples ou conservent la désinence plurielle de l’hébreu soyfer sofrim. Certains déterminants non hébraïques ont des formes plurielles propres à l’hébreu (nar.naronim)

Ce que Sand ne dit pas, c’est que la déshébréisation du yiddish a été en entrepris de manière volontariste par les Juifs laïques après la révolution d’octobre. « L’hébreu était alors considéré comme une langue réactionnaire », liées aux aspects les plus conservateurs de la société juive. Il devait à ce titre disparaître au profit de seul yiddish, la langue de l’homme juif nouveau » (Baumgartner 1993 :33)

Et le même à la page 124

« Le yiddish reste la langue vivante du monde de l’ultra-orthodoxie à travers le monde. Le fait qu’il soit toujours investi de cette mission ne nous permet-il pas alors d’affirmer qu’il a, dans une certaine mesure, l’éternité devant lui.

Quant à la culture yiddish, avec l’avènement de l’Emancipation, et le recul du religieux, les juifs de l’Europe, n’ont abandonné ni leur identité, ni leur histoire, ni leur filiation avec la langue. Mireille Hadas-Lebel (1992) décrit l’activité des Juifs maskilim (éduqués/éclairés) :

« La Haskala[3] renoua d’une certaine façon avec la tradition de l’âge d’or espagnol dont beaucoup d’œuvres furent reprises et étudiées. On se remit à la grammaire hébraïque en étendant cet intérêt à l’hébreu de la Mishna comme on le voit chez le Hongrois Salomon Lewinsohn et l’Italien Samuel-David Luzatto. On se remit à composer des poèmes sans finalité liturgique en hébreu […]. C’est ainsi qu’on assista à la naissance d’un genre jusqu’à la inconnu en langue hébraïque : le roman. »

Or, pour Sand (2014 :114)

« les critères culturels ou linguistiques ne pouvaient être retenus : leurs descendants n’ont jamais partagé une langue ni une culture commune. Seuls les critères religieux restaient à la disposition des législateurs laïques : celui qui est né de mère juive ou s’est converti selon la loi et la règle religieuse est reconnu par l’Etat d’Israël comme juif, propriétaire exclusif et éternel de l’Etat et du territoire administré par celui-ci »

Il s’agit ici pour Sand de présenter de rares hypothèses comme des réalités évidentes, tout en en occultant d’autres.

Conclusion :

Compte tenu des analyses précédentes, il est possible de voir que les textes de Sand relèvent d’une posture intellectuelle malhonnête : celui qui prétend détenir la vérité et démasquer un mythe se trouve être lui-même un faussaire.

1. La réduction de la notion du peuple à son versant théologique seul (réduction cléricale, cf. Sarfati 2009), alors que la modernité a été profondément marquée par la sécularisation des Juifs qui ne rompent pas pour autant avec leur histoire, ni avec leur langue comme le montre la renaissance de l’intérêt aux études hébraïques, l’apparition de la littérature séculière en yiddish et en hébreu en Europe au XIX siècle. « La perspective historique ouverte par la sécularisation a permis au peuple juif de se poser la question de son avenir dans le monde où il n’était pas soumis aux astreints de l’ordre théocratique » (Sarfati 2009 :86). Même si l’on reprend la discussion de Sand sur la religion juive, on voit que l’auteur réduit la théologie juive à la croyance en dieu. Il se trouve qu’elle est liée à un peuple, mais aussi à une terre, la terre d’Israël, qui serait une invention des sionistes, selon l’auteur. C’est justement ce lien qui pose problème à tout un mouvement de pensée de la gauche israélienne à laquelle Sand est affilié et qui sert de socle à l’antisémitisme contemporain. Ce dernier nie le lien historique et symbolique qui attache le judaïsme à la Judée et les juifs à Israël.

2. La prétention qu’Israël est fondé sur l’idée de « race ». La preuve, dit Sand c’est la loi selon laquelle est juif celui qui est né de la mère juive. D’une part cette idée est inscrite dans le droit, (qui en France s’appelle le droit du sang (ius sanguinis). Est français celui qui naît d’une mère ou d’un père français. Faudrait-il, selon la logique de Sand accuser ius sanguinis du racisme? D’autre part, la conversion fait également de non-juif un juif et lui permet d’obtenir la nationalité israélienne et être considéré comme juif par « adoption »/choix.

3. L’occultation des textes existants mais dits « non-autorisés » par Sand tant dans le domaine de l’histoire que dans le domaine de la linguistique.  Par exemple, dans ces développements Sand prétend qu’aucune source « autorisée » ne parle des conversions massives, car cette littérature serait censurée. C’est faux, comme le dit I. Bartal (2009 :174).

« d’une part, il emprunte toutes ses données sur la question des origines des Juifs aux études publiées par ces mêmes chercheurs qu’il affuble des épithètes les  paralysés ou récalcitrants obstinés mais qu’il cite dans son ouvrage – encore que par des citations tronquées et orientées – et, d’autre part, il n’hésite pas à les présenter comme incapables de renouveler les méthodes de la recherche universitaire. Sur la question de l’ « Exil », il cite les travaux d’au moins deux des chercheurs qui enseignent aux départements d’études juives susdits et, par-dessus le marché, dans le sanctuaire de cette école sioniste qu’il conspue et dont il déforme les options, l’Université hébraïque de Jérusalem » .

Les données linguistiques qu’il cite pour appuyer sa thèse sont également fausses ou douteuses, Sand ne cite aucun linguiste spécialiste des langues sémitiques, ni même de l’hébreu qu’il dit ne pas être de l’hébreu.

La même démarche est adoptée pour le yiddish, qui ne serait pas une langue juive, l’hypothèse avancée par un linguiste israélien, Paul Wexel qui n’a pas été prise au sérieux par des spécialistes des langues juives (ce que Sand ne mentionne pas). En revanche, Sand appelle Wexler « les linguistes avant-gardistes ». Le pluriel inopportun ici sert à renforcer (ou  à forcer, plus exactement) la thèse de la linguistique de l’avant-garde dont le seule représentant est le mentionné Wexler.

Imposture idéologique

Enfin le discours qui est tenu par Shlomo Sand repose sur un soubassement idéologique : puisque le peuple juif n’existe pas, l’Etat de ce peuple ne peut pas exister. Ces discours s’inscrivent dans la dynamique du révisionnisme historique. Sur le plan politique, ces  types d’idéologies sont propagés par l’extrême droite ainsi que  par l’extrême gauche. Citons, à titre exemple, Alain Badiou pour qui détruire Israël est une condition pour que le nom des juifs redevienne glorieux. Ne lit-on pas : « les juifs sont le nom de notre réel, un nom glorieux pour notre histoire » (2005 : 23), déclinée en « philosophique, artistique, scientifique et (bien sûr !) révolutionnaire ». Ou « Le nom des juifs est mis en péril par l’Etat Juif » (2005 :26). Conclusion de Badiou est celle de Sand : pour que les Juifs existent de manière glorieuse, ils doivent disparaître en tant que Juifs. (l’idée déjà introduite par K. Marx, La question juive, 1844  ou  J.P. Sartre, Réflexion sur la question juive,1947 etc.)

Imposture morale et éthique

Et la dernière imposture est morale et éthique consiste pour Shlomo Sand à se positionner du côté de la morale universelle qui l’oblige à délégitimer le pays où il vit, à nier le droit à l’existence du peuple qui habite ce pays. Mais être payé par les représentants présumés malhonnêtes de son gouvernement qui censure la pensée libre, et qui n’empêche pas la publication de sa trilogie, ni sa vente dans les librairies centrales d’un pays qui ne devrait pas exister, tout cela ne l’embarrasse pas Sand outre mesure.

Il justifie cette position, dont il est conscient, par la rhétorique qui fait de lui une victime ontologique ou métaphysique des circonstances de son destin (que d’une manière paradoxale, après l’avoir dénié au peuple, il reconnaît de la manière suivante) :

« Vivre dans une telle société m’est devenu insupportable, mais, je l’avoue, il ne m’est pas moins difficile d’habiter ailleurs. Je fais partie du produit culturel, linguistique et même mental de l’entreprise sioniste, et je ne peux m’en défaire » (2014 :135 )

Or, dans son ouvrage précédent, Sand donne des exemples qui réfutent le déterminisme dont il se déclare victime.  Les exemples des gens qui en récusant l’idéologie nationale juive, quitte cet espace contaminé par le sionisme ne manquent pas dans son livre : voir par exemple  2014 :69

« Hans Kohn, sioniste d’origine tchéco-allemand », qui lassé de l’idéologie nationale juive, quitta la Palestine mandataire à la fin des années 1920 pour les Etats-Unis.

L’imposture idéologique consiste pour cet auteur à critiquer la démocratie israélienne dont il dit qu’elle n’existe pas. Mais la possibilité même pour un auteur qui met en question la légitimité et a légalité du pays dont il est citoyen, de publier ses livres dans ce pays, de ne pas être inquiété pour ses opinions à l’Université où il enseigne, est une réfutation emblématique de sa négation de la démocratie israélienne.

Bibliographie

Badiou, A. (2005). Circonstances 3. Portée du mot « juif ». Paris : Lignes.

Baumgarten, J. (1990). Le yiddish, 2éd. Paris :Puf.

Bartal, I. (2009). L’invention d’une invention. Lecture du livre de Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé. Cités n° 38. p.167 -180

Bensoussan, G. (2002). Du mythe à la réalité. Du mythe à l’Histoire, le nécessaire récit d’un désenchantement. Le sionisme face à ses détracteurs. (dir. Sh. Trigano). Paris : éditions Raphaël.

Freud, S. (1986). L’homme Moïse et la religion monothéiste. Gallimard :Paris.

Hadas-Lebel, M. (1992). L’hébreu : trois mille ans d’histoire. Paris : Albin Michel.

Remi-Giraud, S., Rétat.P. (dir) (1996). Les mots de la nation. Lyon :Pul.

Saenz-Badillos, A. 1997 [1993] A History of the Hebrew Langauge (translated from spanish Historia de la lengua hebrea by J. Elwolde). Cambridge: University Press.

Sand, Sh. (2008). Comment le people juif fut inventé. Paris : Fayard.

Sand, Sh (2014). Comment la terre d’Israël fut inventée. Paris : Flammarion

Sand, Sh. (2013). Comment j’ai cessé d’être juif. Paris : Flammarion.

Sarfati, G. E. (2009). La confusion des clercs. Le cas de Shlomo Sand ou la naissance du négationnisme israélien. Controverses. N°11, p. 78-103

Sybony, D. (2001). Psychanalyse et judaïsme. Paris : Flammarion.

Taguieff, P.-A. (2018). « Race » : un mot de trop ? Paris : CNRS.


[1] Bensoussan, G. (2002 :19)

[2] La thèse que Sand aurait qualifiée de « sioniste » même si Badillos ne l’est aucunement, car l’exil est une « invention » sioniste.

[3] Haskala veut dire éducation en hébreu. C’est un mouvement de pensée qui commence en Europe au XVIII siècle et qui s’inscrit dans la philosophie des Lumières dont le but était de permettre aux juifs jusqu’à là confiné aux ghettos de s’intégrer dans la société européenne sans pour autant abandonner le judaïsme.

2 réflexions au sujet de “Le faussaire Shlomo Sand: entre le discours identitaire et le discours linguistique”

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