anticolonialisme, jihadisme

La guerre d’Algérie n’est pas terminée

par David Duquesne

Il est d’usage, dans l’histoire officielle, de dater la fin de la guerre d’Algérie au 18 mars 1962, date des accords d’Évian. Certains préfèrent le 5 juillet, jour de l’indépendance proclamée. D’autres enfin, plus lucides, regardent vers Oran, ce jour-là, où des milliers d’Européens furent traqués, violés, massacrés, pendant que l’armée française détournait le regard.

Mais ce ne fut pas la fin. Ce fut une mutation. Un passage souterrain.
La guerre d’Algérie, pour qui regarde non les traités mais les conséquences, n’a jamais été une guerre close.
Elle s’est déplacée. Elle s’est réinfiltrée. Elle a poursuivi sa logique ailleurs, en métropole, dans les cités, les prisons, les discours.
Elle a changé de visage. Mais elle n’a jamais déposé les armes.

Dès les années 1950, le FLN avait préparé le terrain.

La France n’était pas seulement le pays de l’ennemi : elle était déjà le territoire de la septième wilaya.
Des bureaux furent installés dans les villes industrielles, les quartiers ouvriers.
On y organisait la collecte des fonds, l’intimidation des opposants, l’endoctrinement des travailleurs immigrés.
Mais surtout, on y inoculait un récit : un récit de séparation, de refus, de vengeance.
Ce récit disait : tu vis en France, mais tu n’es pas Français. Tu es un Algérien en territoire ennemi.

Ce discours n’a jamais cessé d’exister.
Il s’est transmis, pas toujours par les mots, souvent par les gestes, les silences, les regards.
Il a produit des enfants qui, nés en France, n’ont jamais été élevés dans l’amour de la France. Mais dans le ressentiment. Dans la méfiance. Dans la volonté de prendre, sans donner. De s’installer, sans appartenir. Et de régner sans s’intégrer. C’est ainsi qu’un demi-siècle plus tard, la DZ-Mafia s’est imposée comme la face criminelle de cette guerre non terminée.

Elle n’est pas qu’une organisation mafieuse de plus. Elle est la forme contemporaine des barbaresques, sans voiles ni sabres, mais avec scooters, voitures-bolides, kalachnikovs, exécutions de rivaux et réseaux cryptés. Elle agit en meute, organisée en systèmes claniques, par razzias, par racket, par conquête de territoire. Elle fonctionne en marge du droit français, selon une logique de clan, d’honneur et d’impunité. Et elle se pense dans une hostilité profonde à la France et à ses lois.

Dans ses clips, dans ses messages codés, dans ses violences, la DZ-Mafia ne parle pas simplement de drogue ou d’argent. Elle parle de soumission des territoires, de récupération historique, de revanche virile sur la colonisation. Et dans les cités qu’elle domine, c’est la République qui recule.

Il ne s’agit plus d’immigration.
Il s’agit de colonisation inversée, appuyée par une partie non négligeable de la jeunesse algérienne élevée dans le rejet de l’assimilation, dans le fantasme de la toute-puissance, dans le mépris de la France comme patrie.

Car cette guerre d’Algérie qui continue ne se dit plus en uniformes, mais en codes culturels et en actes symboliques. Elle est dans les mariages-clans avec drapeaux algériens et cortèges motorisés. Dans les matches de foot, où la victoire de l’équipe d’Algérie devient un motif d’émeute à Lyon, Marseille ou Paris. Dans les manifestations pro-palestiniennes, où le drapeau algérien flotte parmi ceux du Hamas comme une signature de défi. Dans les raps de guerre, les vidéos TikTok de quartiers interdits aux Blancs, les insultes anti-Français devenues banales dans les cours de collège. Et dans les prisons françaises — surpeuplées où les émirs et les caïds dominent — c’est le FLN idéologique qui a gagné.
La République n’est plus la référence.
Le Coran, le clan, la kalach’, la rue, le respect tribal : voilà les nouvelles normes.

Il ne s’agit évidemment pas d’accuser tous les Algériens.
Mais il faut regarder l’histoire en face. Mais il faut aller plus loin. Car la guerre d’Algérie continuée ne se limite plus aux seuls héritiers algériens. Elle a agrégé autour d’elle d’autres forces, d’autres mémoires instrumentalisées, d’autres drapeaux de revanche. La logique de la septième wilaya — d’un front anti-français enraciné dans les quartiers — a été absorbée, partagée, recyclée.

Les fils du FLN ont vu certains de leurs cousins marocains et tunisiens rejoindre la mêlée : non pas pour des raisons nationales, mais parce qu’ils ont reconnu dans la posture algérienne un véhicule de leur propre rejet d’assimilation. La haine de la France s’est muée en passeport de ralliement. Les djihadistes de Clichy ou de Lunel ne se posent plus la question du Maghreb : ils s’inscrivent dans une Oumma mondialisée, une guerre transnationale de la foi contre la nation.

Mais au-delà de l’islam, une autre strate s’est greffée au front anti-français : celle du tiers-mondisme néo-identitaire, venu d’Afrique subsaharienne. Là encore, la logique est claire : ce n’est pas la France réelle qui est visée, mais la France fantasmée, réduite à une “blanchité oppressive”, une “histoire esclavagiste”, un “pouvoir raciste”.
Des militants noirs nés à Paris insultent un pays qu’ils ne connaissent que par ses caricatures scolaires. Des rappeurs milléniaux revendiquent l’africanité éternelle contre l’État républicain, tout en bénéficiant de ses soins, de ses aides, de sa tolérance infinie. C’est le même réflexe que naguère, à La Havane ou à Alger, dans les conférences tricontinentales : accuser l’Occident pour souder les révoltés, maquiller des haines profondes en projets d’émancipation, justifier l’agression au nom du passé.

Au sein de ce mouvement qui veut décoloniser la France de sa « blanchité », de sa « francité », il y a la gauche radicale, LFI, qui nous rejoue le coup des porteurs de valises et des pieds-rouges. Nous vivons Alger-La Havane-Saint-Denis.

Une alliance des damnés postmodernes, des mafias de cité, des imams conquérants et des activistes néo-marxistes. Et la France officielle regarde ailleurs, ou pire : subventionne, excuse, justifie. Et dans ce nouveau paradigme, il faut bien le dire : le social n’est plus du social. Il est devenu une stratégie d’évitement.

Les aides massives aux quartiers, les subventions aux associations “interculturelles”,
les exceptions faites à la laïcité pour construire des mosquées “apaisantes”, les millions d’euros déversés sur des projets dits d’“inclusion”, les formations anti-islamophobie dispensées dans les écoles de la République — tout cela ne relève plus de la solidarité républicaine.

Cela relève de la capitation, de la jizya déguisée, versée non pas par des dhimmis à un pouvoir islamique, mais par l’État français à ses segments les plus hostiles,
dans l’espoir de retarder l’émeute, de retenir l’attentat, de gagner du temps.

Nous ne sommes pas dans une logique de justice sociale.
Nous sommes dans une logique de rançon.


La République n’élève plus.
Elle paie.
Elle supplie.
Elle cède.

Et ce renoncement n’achète rien, sinon un sursis.

Et les accords de 1968, que nul président n’a osé abroger, demeurent un symbole intact de la prédation post-coloniale : un peuple — les Français — continue de financer, par ses impôts, des retraites versées en Algérie, des allocations familiales pour des enfants invisibles, une politique migratoire à sens unique. Le tout au nom d’une culpabilité historique que l’Algérie instrumentalise depuis soixante ans, pendant que la France, paralysée, paie pour retarder la rupture.

Non seulement les accords de 1968 permettent un traitement migratoire différencié pour les ressortissants algériens, mais ils recèlent aussi des avantages invisibles du grand public qui heurtent le bon sens républicain :

  • Des soins gratuits pour les cadres algériens : les fonctionnaires et hauts fonctionnaires algériens, ainsi que leurs familles, peuvent se faire soigner en France gratuitement, dans les hôpitaux publics français, sans même cotiser à la sécurité sociale française.
  • Le minimum vieillesse sans cotisation : un Algérien de plus de 65 ans qui n’a jamais travaillé ni cotisé en France peut bénéficier du minimum vieillesse (allocation de solidarité aux personnes âgées – ASPA), qui dépasse désormais 1000 euros mensuels.

Pendant ce temps, une femme française ayant élevé trois enfants et travaillé à temps partiel toute sa vie touche souvent la même somme, voire moins, après avoir cotisé pendant 40 ans. Ce traitement inégal nourrit une profonde colère dans la France laborieuse, d’autant plus qu’une partie des bénéficiaires repartent vivre en Algérie, où cette somme représente une fortune.

  • Une filière parallèle d’accès aux droits : de nombreux Algériens vivant à cheval entre les deux pays bénéficient des droits sociaux français (allocations, logement social, soins) sans y vivre pleinement ni y contribuer. C’est un système clientéliste silencieux, hérité de l’ère coloniale, perpétué par la lâcheté des gouvernements successifs.

Tout comme la guerre d’indépendance algérienne fut présentée comme un projet socialiste, laïque et progressiste, alors qu’elle fut en réalité tribale, islamique et dominée par une violence ethnique, de même aujourd’hui, les émeutes urbaines, les agressions contre les institutions, les profs, les policiers, sont présentées comme des luttes sociales, alors qu’elles sont des offensives identitaires, communautaires et conquérantes. Dans les deux cas, la classe politique maquille le réel, travestit les logiques profondes, empêche les diagnostics. Elle pactise avec la violence, pour ne pas avoir à la combattre.

Boualem Sansal dans ce contexte, devient le harki intellectuel de notre temps, figure du pacte impossible, incarne cet otage moderne pris entre deux fidélités irréconciliables. Le sort des Européens d’Oran préfigure peut-être celui de tous les Européens de France, si l’État continue à fuir le combat. Car comme les Européens d’Oran en juillet 1962, beaucoup de Français risquent, à terme, le même abandon.

Il ne s’agit pas ici de céder à l’alarmisme. Il s’agit de regarder la logique à l’œuvre, telle qu’elle s’est déjà exprimée dans l’Histoire.

6 réflexions au sujet de “La guerre d’Algérie n’est pas terminée”

  1. Je regrette infiniment que vous, Yana Grinshpun, professeur universitaire qui chérit les recherches et les sources, relayiez les écrits de cette personne, qui, certes, a la plume séduisante, mais n’étaye ses propos d’aucune source fiable, aucune preuve, aucune référence valable… et, partant, accumule les énoncés faux et généralisants, tout en cherchant à éveiller les sentiments les plus bas de l’être humain.
    Je ne donnerai qu’un exemple d’erreur, mais il y en aurait tant d’autres… Les fonctionnaires algériens (civils, militaires, etc.) sont exclus du dispositif prévu par la Convention générale franco-algérienne de sécurité sociale du 1er octobre 1980…
    Je ne veux, par ce commentaire, absolument pas prendre parti sur le fond dans le conflit qui vous touche tant, mais juste exprimer le souhait, Yana, que votre esprit partisan ne vous aveugle pas et que vous conserviez votre exigence, votre précision et votre rigueur intellectuelle si rares et si précieuses.

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    1. Bonjour,
      Je suis l’auteur de cet article, vous affirmez que je n’étaye pas mes propos. La DZ mafia signifie quoi ?
      mafia algérienne !
      Les indigénistes sont une continuité du FLN et des panarabistes en France et continuent leur guerre de décolonisation sur le sol français. Son égérie, affirme qu’il faut décoloniser la France de sa « blanchité » !
      Je viens des « quartiers » et j’ai entendu régulièrement cet argument :
      « Nous volons et nous trafiquons pour nous rembourser de la colonisation ! »

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    2. J’ajoute que, nier la guerre idéologique menée par le FLN depuis l’indépendance par une propagande d’Etat qui dope les Algériens à la haine de la France, n’annule pas cette guerre.
      Que de nombreux jeunes le scandent haut et fort dans leurs revendications sur des chansons de rap ou sur les réseaux sociaux.
      Vous connaissez cette citation de Julien Freund :
      Écoutez, Monsieur Hippolyte, vous avez dit […] que vous aviez commis une erreur à propos de Kelsen. Je crois que vous êtes en train de commettre une autre erreur, car vous pensez que c’est vous qui désignez l’ennemi, comme tous les pacifistes.
      Du moment que nous ne voulons pas d’ennemis, nous n’en aurons pas, raisonnez-vous. Or c’est l’ennemi qui vous désigne. Et s’il veut que vous soyez son ennemi, vous pouvez lui faire les plus belles protestations d’amitiés. Du moment qu’il veut que vous soyez son ennemi, vous l’êtes.
      Et il vous empêchera même de cultiver votre jardin.
      Diaboliser celui qui fait le constat d’une guerre menée contre nous, ne vous apportera qu’un haut standing moral chez les lâches et les collabos du FLN et du djihad algérien. Vous ériger en mère protectrice des caïds algériens, n’apporte rien à la France. Mais c’est peut-être votre objectif.

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    3. Quand, dans ce qu’on appelle le « monde civilisé », des personnes persuadées d’incarner une rectitude morale et l « rigueur » m’exhortent à ne pas céder au « partisanisme », je ne peux que constater leur naufrage moral. Constater que le massacre des Juifs a suscité la jubilation non seulement dans le monde arabo-musulman, mais aussi dans une partie de l’Europe dite éclairée – et particulièrement en France, ce pays qui n’a jamais véritablement procédé à sa dénazification, où les pétainistes recyclés se sont mués en islamo-collaborationnistes antisémites – cela ne relève pas du « partisanisme », mais du simple constat. Refuser de le voir, c’est déjà basculer du côté de la barbarie.

      Les évidences, elles, n’intéressent pas. Quand on les rappelle, il vous est aussitôt interdit de parler « en tant que juive » : il faudrait se cantonner à une abstraction universitaire « rigoureuse et précise ». Surtout, ne jamais se situer, ne jamais avoir de place. Peu importe qu’à chaque instant cette place vous soit rappelée par les autres : « Vous êtes juive, donc affectée. » Ah bon ? Et vous, non ? »

      On vous somme d’analyser froidement les parents voyant leurs enfants brûler parce que juifs, les femmes et les filles violées parce que juives, les survivants torturés et séquestrés dans les tunnels du Hamas parce que juifs – vingt Israéliens y croupissent encore aujourd’hui, suppliciés depuis près de deux ans dans l’obscurité. Deux ans.

      Et pendant ce temps, en Europe : une accompagnatrice d’enfants juifs menottée dans un avion espagnol, un couple israélien chassé d’un hôtel en Autriche, des musiciens expulsés d’un restaurant viennois, un bateau de croisière refusé à Athènes, un étudiant syrien invité par le New York Times justifiant le viol et le massacre comme « résistance », « Sinwar » promu prénom de l’année en Angleterre, des enfants juifs exclus d’un parc de loisirs français et publiquement humiliés, un rabbin roué de coups à Neuilly. Et ainsi de suite : je pourrais multiplier ces exemples jusqu’à saturation. C’est du concret.

      Et quand je parle de ces deux garçons squelettiques à la place desquelles pourraient être mes cousins, mes neveux ou les enfants de mes amis, nourris à la famine, enterrés vivants dans les tunnels du Hamas, ça provoque l’indignation des uns et les appels à la « rigueur » et la « précision » des autres. C’est une véritable chute morale, Perrine,
      ou la collaboration avec la mentalité immonde de neutralité (https://www.lepoint.fr/debats/je-suis-tout-a-fait-neutre-dans-ce-conflit-mais-les-habits-neufs-de-la-vieille-accusation-antijuive-07-07-2024-2564992_2.php).

      La réponse à votre première indignation (c’est franchement ennuyeux de voir les mêmes procédés discursifs qui précèdent la disqualification personnelle; il faut innover, Perrine) est donnée par David Duquesne, ceci est est la réponse à votre « neutralité ».

      Bonne chance à vous dans votre vie quelle qu’elle soit dans le monde parallèle. Et si vous êtes insomniaque, lisez ceci aussi

      https://frblogs.timesofisrael.com/les-vacances-sont-terminees-pour-les-juifs/

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  2. 1. Le minimum vieillesse / ASPA en droit commun

    L’ASPA n’est pas une pension de retraite mais une prestation sociale destinée à garantir un revenu minimal (environ 1 012 € par mois pour une personne seule en 2024).
    Conditions principales :– Avoir 65 ans (ou 62 ans en cas d’inaptitude).– Résider en France de façon stable et régulière (au moins 9 mois par an).– Avoir de très faibles ressources (plafond annuel autour de 12 500 € pour une personne seule).– Nationalité française ou ressortissant d’un pays ayant conclu une convention de réciprocité avec la France (l’Algérie en fait partie).
    👉 Pas besoin d’avoir cotisé en France pour en bénéficier.

    2. Le cas particulier des Algériens
    Grâce à l’accord de sécurité sociale du 1ᵉʳ octobre 1980 (et ses avenants), les ressortissants algériens ont accès dans les mêmes conditions que les Français à certaines prestations non contributives, dont l’ASPA.

    Concrètement, un Algérien de 65 ans (ou plus) peut déposer une demande d’ASPA même s’il n’a jamais travaillé en France, à condition de s’installer légalement en France, d’y résider au moins 9 mois par an et de justifier de ressources insuffisantes.
    La Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) verse alors l’allocation, comme pour tout résident.

    3. Coût et controverse

    Cette possibilité existe aussi pour d’autres pays ayant signé une convention bilatérale (ex. Maroc, Tunisie), mais l’accord algérien est l’un des plus complets.
    Conséquence : une personne âgée algérienne sans carrière en France peut percevoir l’ASPA en s’installant sur le territoire.
    Le coût est supporté par le budget de la Solidarité nationale (via la Caisse nationale d’assurance vieillesse et le Fonds de solidarité vieillesse).

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  3. Les Accords de 1968 France–Algérie : un régime d’exception

    1. Séjour et titres de séjour

    Certificat de résidence spécifique : 1 an ou 10 ans, en dehors du droit commun.
    Accès facilité à la carte de 10 ans :– Conjoint algérien de Français : 1 an de mariage (vs 3 ou 5 ans pour les autres).– Parent d’enfant français : directement après un premier titre d’un an.– Autres catégories : carte de 10 ans possible dès 3 ans de séjour (au lieu de 5).
    Liberté d’établissement : les Algériens peuvent exercer une activité indépendante (commerçant, artisan, profession libérale) sans autorisation spéciale préalable.
    Regroupement familial : les membres de famille obtiennent un titre de même durée que celui du “répondant” (parfois 10 ans d’emblée).

    2. Visas et circulation

    Court séjour : depuis 1986, obligation de visa Schengen (comme les autres nationalités), mais les textes de 1994 et 2001 organisent des assouplissements documentaires et des échanges réguliers entre consulats.
    Long séjour : des dispositifs spécifiques permettent une simplification (notamment pour les regroupements familiaux).
    Officiels algériens (jusqu’en 2025) : exemption de visa pour passeports diplomatiques ou de service (ministres, hauts fonctionnaires, diplomates).

    3. Droits sociaux

    Convention de sécurité sociale (1980) : coordination intégrale entre régimes français et algérien (santé, retraites, allocations familiales, accidents du travail).– Exportabilité des prestations (un retraité algérien ayant travaillé en France peut toucher sa pension en Algérie).– Totalisation des périodes d’assurance (France + Algérie).
    Protocole santé (2016/2019) : possibilité pour des assurés algériens (ou des démunis sans couverture) d’être soignés en France, pris en charge par la CPAM française pour le compte de la caisse algérienne.

    Comparaison : les immigrés d’autres pays doivent se contenter des accords bilatéraux classiques, souvent plus limités (non-export des allocations familiales, coordination partielle).

    4. Conséquences et coûts pour la France

    Inégalités de traitement : un Algérien a des droits plus favorables qu’un Marocain ou un Sénégalais dans une situation identique (séjour, carte de 10 ans, regroupement familial).
    Charges administratives : maintien d’un régime spécifique, distinct du CESEDA, oblige les préfectures à gérer deux circuits.
    Coût social :– Versement de retraites et allocations à des bénéficiaires vivant en Algérie.– Soins en France de patients algériens dans le cadre du protocole santé (financés par l’Assurance maladie française, avec mécanisme de remboursement par l’Algérie mais des retards/impayés signalés).
    Effet d’appel : les conditions plus favorables au regroupement familial et à la carte 10 ans peuvent inciter une installation durable, là où d’autres nationalités rencontrent davantage de freins.

    📌 En résumé

    Les accords de 1968 et leurs avenants créent pour les Algériens un statut dérogatoire plus favorable que pour tout autre immigré extra-européen : accès accéléré au séjour durable, liberté d’établissement, regroupement familial renforcé, export des prestations sociales. Ces avantages ont un coût financier pour la collectivité (prestations sociales versées à l’étranger, soins pris en charge, administration duale), et soulèvent la question d’une inégalité de traitement au détriment des autres étrangers extra-européens.

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