exégèse, narcissisme, psychanalyse

Emmanuel Macron : un destin mythologique, entre Œdipe, Narcisse et Icare.

par Jean-Marc Alcalay, psychologue clinicien

Mythes et réalités

      Les médias, les politiques, son entourage familial et professionnel, même le simple électeur ont longtemps cru, mais à tort qu’Emmanuel Macron était béni du Dieu de l’intelligence, atteint de façon bienheureuse du syndrome du premier de la classe, avant de devenir plus tard le Mozart de la finance, puis triomphe final, président de la République, le plus jeune président que la France ait connu. Son prénom n’y était pas pour rien dans cette fulgurante ascension puisqu’en hébreu, Emmanuel signifie Dieu est avec nous et pour ce qui le concerne, Dieu est avec lui. Enfin, le croyait-il jusqu’à ce que la réalité du pouvoir le rattrape quand grisé ainsi dans sa fonction, il ne tarda pas à précipiter la France dans les profondeurs abyssales d’un déficit record, de l’enfoncer encore davantage en la livrant au déshonneur d’un antisémitisme débordant et sans complexe, en refusant d’aller à la marche contre l’antisémitisme après les massacres du Hamas du 7 octobre 2023, en favorisant les mouvements antijuifs, de LFI, d’une partie de la gauche, des écologistes et de tous ceux, islam-istes et autres qui s’y vautrèrent et continuent aujourd’hui de salir la France de cette crasse antisémite. Et au final, en solution finale du peuple juif, de proclamer à la tribune de l’ONU la reconnaissance d’un État palestinien imaginaire quitte à trahir les Juifs de France et du monde. Ce lamentable parcours présidentiel a aussi une origine que la mythologie éclaire, car elle semble avoir tissé le destin de celui qui aujourd’hui voit son pouvoir lui échapper. Trois mythes m’y font penser : Œdipe, Narcisse et Icare.

Œdipe

    Nous connaissons tous ce héros dont assez bizarrement, Ovide dans ses Métamorphoses n’aborde pas le destin. Freud en a fait l’axe central de la psychanalyse pour expliquer les relations enfants-parents, faites de désirs de meurtres et de demandes d’amour, autrement dit, d’ambivalences. Dans le mythe de Sophocle, Œdipe finit par tuer son père Laïos et épouser sa mère Jocaste avant de devenir roi de Thèbes. Il ignorait dit-on ce qu’il avait fait jusqu’à ce qu’il le sache et s’en culpabilise.  Il s’en crèvera les yeux, aveugle comme aujourd’hui Emmanuel Macron face aux enjeux internationaux comme au désastre intérieur qu’il a lui-même généré. Œdipe s’enfuira de la ville maudite au bras de sa fille et sœur, née d’un inceste, Antigone, car Créon, l’oncle de celle-ci, avait refusé à Œdipe une sépulture, décision contre laquelle Antigone s’indignera. Antigone toujours au bras d’Œdipe comme Brigitte au bras de son mari, malgré les tempêtes ! L’amour malgré tout ! Emmanuel Macron s’est inscrit dans ce drame œdipien en épousant son professeur en lieu et place de sa mère. Liaison précisons-le qui n’est pas incestueuse mais qui atteste d’un Œdipe enkysté. Ils n’eurent évidemment pas d’enfant, le futur président se suffisant à lui-même n’a jamais imaginé une descendance car il s’auto-engendre ! Le destin de ce couple s’est ainsi tissé dans la transgression de l’ordre établi. Ils la cultiveront y compris même dans l’exercice du pouvoir. Tout cela, tout ce plaisir transgressif jusqu’à la jouissance ne n’être jamais là où on l’attend et de surprendre là où on ne l’attend pas, n’aurait pas pu perdurer sans qu’un deuxième personnage mythologique s’en mêle, à savoir Narcisse. Quant à Œdipe, épaulé par Antigone, d‘errances en errances sur les routes de Grèce, il finit sa vie à Kolonos, un quartier d’Athènes, là où Sophocle avait commencé à écrire sa tragédie.

Narcisse

    Narcisse est bon et mauvais. Tous les commentateurs de la psychologie d’Emmanuel Macron l’ont qualifié à raison de personnage narcissique. Or, il y a deux dimensions narcissiques chez l’homme. Le narcissisme de vie, autrement dit la pulsion de vie, c’est celui qui nous aide à aimer l’autre, à partir de l’amour que l’on a suffisamment de soi, mais pas trop quand même et qui aide à aimer l’autre. Le bébé à peine né s’en remplit très tôt quand sa mère pose sur lui un regard tellement amoureux et si profond que le bébé introjecte les bons objets de sa mère et s’en servira toute sa vie durant, quand, confronté aux malheurs de son existence, son narcissisme de vie puisera dans ses bons objets qui l’aideront alors à surmonter ces moments douloureux.  Ainsi les parents de notre président l’ont-ils sans doute aimé, bien que très attaché à sa grand-mère maternelle, Germaine Noguès d’où certainement, un œdipe un peu compliqué… Sa grand-mère, elle-même professeur comme plus tard son épouse Brigitte, devint directrice d’école. Seulement voilà il y un revers à ce narcissisme de vie qui a sans doute permis à notre président de toujours rester sûr de lui, confiant en sa bomme étoile, mais méprisant le peuple et son entourage politique, disent certains, au point d’en devenir détesté. Seul, toujours seul jusqu’à perdre ses quelques proches qui maintenant, tels des fils trahis veulent faire chuter le frère, fratricide, et pour d’autres plus âgés, infanticide ! Devant tous les échecs que l’exercice du pouvoir suppose, Emmanuel Macron, toujours aidé par Narcisse n’a semble-t-il jamais déprimé. Or, le narcissisme de vie implique aussi son contraire, le narcissisme de mort, la pulsion de mort, celle qui détruit. Narcisse s’aime tellement qu’il finit par se noyer dans sa propre image. Macron a sacrifié ses proches, ses amis sans doute, les hommes politiques qui peu à peu l’ont lâché et le lâcheront demain jusqu’à ce qu’il « se noie » à son tour ou chute comme le troisième personnage mythologique qui me semble-t-il, tisse aussi le destin d’Emmanuel Macron : Icare.

Icare

    Emmanuel Macron et sa femme Brigitte ont touché les étoiles du pouvoir, les rois, les reines du monde entier, les présidents. Ils ont arpenté les instances internationales, tous les palais du monde. Lui-même s’est amusé à toucher de près les présidents qu’il côtoyait. Elle, a pris la main d’une reine, tutoyé les grands de ce monde, toujours le plaisir de la transgression. Bref, lui et son épouse sont devenus des personnages d’un roman balzacien en plus d’une figure mythologique, Icare.

    Icare est le fils de Dédale architecte du roi de Crète Minos. La reine de Crète s’éprend d’un taureau avec lequel elle s’accouple. De cette union contre-nature, comme Œdipe, naît le minotaure qu’il faut alors cacher dans un labyrinthe. Après avoir tué le minotaure, Thésée à qui Dédale a accroché le fils d’Ariane permet de sortir du labyrinthe. Pour faire court, de trahisons en trahisons, Dédale est jeté avec son fils Icare dans le labyrinthe. Ils s’en échappent et fuient la Crète avec des ailes en cire. Icare ne respecte pas les consignes qui doivent à la fois l’éloigner du soleil et de la mer. Mais il est grisé par son vol, celui qui lui permet d’aller très haut, de tutoyer le soleil, l’étoile suprême, au point de s’en brûler les ailes et de connaître une chute mortelle, comme la subira peut-être Emmanuel Macron.

Trois mythes pour un destin 

    Œdipe a semble-t-il orienté le destin d’Emmanuel Macron qu’il ne pensait pas si funeste et Narcisse l’a aidé à se hisser jusqu’au pouvoir suprême, puis s’est retourné contre lui et le fera sans doute chuter tel Icare, après qu’il se soit pris pour Dieu dans l’illusion de régner le plus longtemps possible depuis un Olympe Élyséen pourtant trop haut et trop brûlant pour lui.

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