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« La jeunesse estropiée de Gaza » : quand France 2 récite la propagande du Hamas

Jean Szlamowicz

Jeudi 11octobre, France 2 diffusait un reportage qui devrait faire date dans les écoles de journalisme : unilatéralisme des accusations, mise en scène larmoyante digne d’une télé-réalité, insinuations et décontextualisation, mensonges par omission, martèlement de clichés, interviews de témoins soigneusement sélectionnés et jamais remis en cause… L’éthique de ce journalisme de caniveau est du même ordre que les exécuteurs de la propagande stalinienne. Il est cependant d’une grande virtuosité dans la construction d’un narratif fondé sur la mauvaise foi.

L’essentiel de la démonstration de ce reportage a consisté à répéter que l’armée israélienne prenait un plaisir sadique à tirer sur des enfants désarmés. Avec un minimum d’honnêteté, on aurait pu présenter les choses à l’inverse : au lieu de massacrer les milliers de manifestants amassés à sa frontière, Israël préfère les repousser en procédant par la dissuasion de blessures ciblées. France 2 ne lui en saura pas gré et au lieu de louer une telle retenue, dépeint les conséquences de l’antisémitisme forcené des Gazaouis comme un crime de guerre, alors que c’est exactement l’inverse.

Le ressort fondamental de ce genre de reportage repose sur un dispositif discursif simple : atténuation de la violence palestinienne et maximisation de la violence israélienne. Tactiquement, la démonstration repose sur l’exaltation du pathos, au détriment de tout raisonnement. Ce film est donc largement dépolitisé et décontextualisé pour privilégier la pure émotion.

À cet égard, l’ostension des enfants est un topos exploité dans ce reportage avec intensité, de même que le mantra des « rêves brisés » du cycliste unijambiste (étrangement, on n’a pas choisi de montrer les membres du Hamas armés jusqu’aux dents) et la répétition des formules comme « manifestants non-armés » (alors qu’il s’agit d’émeutiers, de leur propre aveu, encadrés par le Hamas). Le misérabilisme et la mise en scène de l’innocuité contribuent à faire de ce reportage un chef-d’œuvre de construction d’un éthos victimaire. La réalité historique n’est évoquée que de manière mensongère (en évoquant les habitants de Gaza qui « ont fui ou été chassés de leurs terres » : ces habitants n’étaient pourtant pas nés en 1948 et ceux de l’époque n’ont fui que parce qu’ils ont échoué dans leur tentative d’annihilation d’Israël : ce sont eux les agresseurs !).

Le reportage n’a pas montré un seul civil israélien, ni une seule victime israélienne et les deux minutes accordées au porte-parole de Tsahal ont été laminées par les commentaires qui les ont remis en cause immédiatement.

Rappelons, que trois jours avant la diffusion de ce reportage, Kim Levengrond Yehezkel et Ziv Hajbi venaient de se faire assassiner par un de leurs collègues palestiniens dans une usine de Barkan le 7 octobre 2018. Cette réalité quotidienne des Israéliens subissant les bombardements, les attaques au couteau, à la voiture bélier ou à l’arme à feu n’est évoquée dans le reportage que par ricochet involontaire quand un des Gazaouis interviewés affirme justement que s’il en avait eu la possibilité, il aurait été  en Israël commettre un attentat « kamikaze ». Les journalistes n’ont pas eu l’air de se rendre compte que cela annulait toute leur démonstration d’innocentement des gentils Palestiniens désarmés. La réalité, n’est pas celle de manifestations pacifiques, mais de tentative d’infiltration de la frontière, à l’aide des boucliers humains que sont les enfants et les jeunes, envoyés dans une zone interdite d’accès. La proximité des habitations israéliennes fait partie des objectifs de ces émeutiers dont une bonne part appartient à l’organisation du Hamas et sont loin d’être désarmés. Sur le plan de la propagande du Hamas à destination de l’Occident prêt à répandre ses larmes, on connait aussi la pratique de « Pallywood » consistant à filmer la mise en scène de fausses victimes, ce qui semble être le cas dans ce reportage avec des blessés préparés, avec civière prête à intervenir.

Les circonstances pratiques du reportage n’ont pas été signalées. Il aurait été intéressant de signaler qu’avec le sniper repentant, on y donnait la parole à une organisation israélienne… anti-israélienne, Breaking the Silence, connue pour ses pures inventions et pour ses financements faramineux, en particulier en provenance de fonds gouvernementaux européens. Il est par ailleurs évident qu’être admis à Gaza et être mis en contact avec des victimes ne se fait qu’avec l’assentiment du Hamas qui dirige ce territoire d’une main de fer (aucun opposant au Hamas n’a été montré, d’ailleurs, contrairement à un récent reportage de France 3). Il s’agit donc bien d’une mission de communication qui suggère une forme de collusion entre une chaine de la télévision d’état française et un groupe politico-militaire qui n’est pas seulement « considéré comme terroriste » mais qui le revendique, dans le cadre du jihad et avec pour objectif  la destruction d’Israël.

Pour arriver à transformer en une torture inhumaine l’absence de létalité de la réplique légitime d’un état défendant ses frontières face à des attaques répétées, il semble qu’il faille une intention de nuisance particulièrement perverse. De tels reportages diffusent et construisent une culture émeutière et terroriste dans la frange de la population française susceptible de s’identifier culturellement aux Gazaouis. Faire pleurer dans les chaumières et armer de ressentiment les cités islamisées paraît une démarche largement irresponsable.

Le reportage se concluait avec le sourire radieusement vipérin d’Elise Lucet, si rayonnante qu’elle semblait gonflée de la fierté d’avoir fourni des justifications aux prochaines agressions antisémites qui auront fatalement lieu en France. Ce sourire trahissait peut-être la satisfaction citoyenne d’avoir accompli son devoir : maintenant, au moins, on sait qu’il y a de solides raisons de s’en prendre aux Juifs.

3 réflexions au sujet de “« La jeunesse estropiée de Gaza » : quand France 2 récite la propagande du Hamas”

  1. Estropiés par qui?
    Pour vous rafraichir un peu, regardez cette vidéo:

    A Gaza ce sont les islamistes du Hamas qui mutilent et tirent dans les jambes des civils qui ne coopèrent pas

    J'aime

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