par Yana Grinshpun
Les hommes (et les femmes) d’affaires de la victimisation offrent une explication répétitive et rhétoriquement habile de leur lutte contre « l’islamophobie » qui se situe au carrefour idéologique postmarxiste et islamiste (« vous êtes les victimes du colonialisme impérialiste blanc » disent des mouvances de la gauche ; « vous êtes les victimes de l’Occident islamophobe et enjuivé », disent les islamistes). Ces répétitions, érigées en rang de théories explicatives, conditionnent la conviction suivante : les musulmans sont des victimes ontologiques, ceux qui critiquent leurs comportements, leur rejet de l’assimilation et certains de leurs pratiques violentes sont « islamophobes », « racistes » et « xénophobes ». Utilisée par la gauche woke , «islamophobe » est une étiquette infamante, à l’instar de « extrême droite », « facho », « nazi » etc. qui relève du dévergondage verbal et dont on n’a rien à faire. En revanche, utilisée par les islamistes, c’est une condamnation à mort qu’il faut prendre au sérieux. Les préparatifs au meurtre de Samuel Paty ont commencé avec la circulation massive de cette accusation. Analyse de ce pseudo-concept et le cas de Fadila Maaroufi.