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Jérusalem–Tel-Aviv : villes complémentaires

par Yana Grinshpun

J’ai enfin décidé de publier ce court texte, issu de ma présentation aux Rencontres de l’Histoire à Blois l’an dernier, pour rendre hommage à cette ville que j’aime tant — Jérusalem — et qui a coûté si cher au peuple juif.  Certes, il existe des centaines d’ouvrages consacrés à son histoire. J’ai simplement voulu rappeler l’importance de Jérusalem dans la mémoire et l’identité juives et montrer que cette mémoire, cette aspiration, cette appartenance à Sion sont indestructibles. Ce texte tente, avec modestie, d’en faire sentir la permanence.

Jérusalem, ville unique

L’une des caractéristiques habituelles de Jérusalem est d’être « la ville de trois religions ». Sans abandonner totalement cette idée, on pourrait en proposer une autre définition : Jérusalem est une ville où la géographie s’est transformée en histoire, et où l’histoire est devenue religion. La religion, à son tour, s’est incarnée dans l’architecture et dans l’histoire. Ensuite, tout cela – géographie, histoire et religion – est devenu politique.

Ce tourbillon, qui ne s’arrête jamais, n’a lieu que dans cette ville et nulle part ailleurs. C’est cette transformation permanente qui en fait un lieu unique dans l’histoire universelle, mais surtout dans l’histoire juive.

Je donne juste un exemple : l’arrêt de l’armée assyrienne devant Jérusalem (à l’époque du règne de Hizkiyahu, VIIIᵉ siècle avant notre ère). L’armée assyrienne n’est pas entrée dans la ville ; elle s’est retirée. On ne connaît pas les raisons exactes de ce départ – épuisement de l’armée ou autre cause – mais cet événement a été perçu par les Hébreux, et par leurs ennemis, comme un signe de la volonté divine et de la sainteté de Jérusalem. Les conséquences de l’événement historique se sont transformées en croyance religieuse : l’Histoire s’est changée en Religion.

Les matériaux de construction et de préservation de Jérusalem ne sont pas uniquement les pierres, mais surtout la représentation, la mémoire et la transmission. En somme, Jérusalem est une construction du discours.

Le nom de Tel-Aviv fait écho à celui d’une ville mentionnée dans la Bible (Ézéchiel 3:15) : c’était le nom d’une colonie juive en Babylonie. Le premier quartier juif, Neve Tzedek — que l’on peut traduire par « habitation juste » — a été créé en 1887, avant même la création de l’État d’Israël.

Jérusalem fonctionne comme un lieu de mémoire et d’histoire ; Tel-Aviv incarne la modernité, l’esprit du progrès technologique fulgurant, le futurisme et le pragmatisme. Mais tout comme Jérusalem, elle est indissociable de l’esprit d’Israël, car c’est justement Tel-Aviv qui devient le symbole de la renaissance de la vie nationale du peuple juif dans sa patrie historique.

Introduction

Le roi David décide de choisir une ville plus fortifiée qu’Hébron. Il choisit Jérusalem (Ir Shalem). La première mention de cette ville se trouve au XIXᵉ siècle avant notre ère, sur des « figures de malédiction ». On retrouve aussi des mentions de Jérusalem dans les archives du pharaon Échnaton (au XIVᵉ siècle avant notre ère, à Tell el-Amarna).

Dans la Torah, Melchisédek bénit Abraham. La première mention dans la Bible, le livre de la Genèse : la ville Shalem et son roi Melchisédech bénit Abraham (Genèse 14:18):

«Et Melchisédech, roi de Salem, apporta du pain et du vin: et il était prêtre du Dieu Très Haut. Puis il le bénit et dit: Béni soit Abram du Dieu Très-Haut, Qui a produit la Ciel et la terre! Et béni soit le Dieu Très-Haut, qui a livré tes oppresseurs en ta main. Alors Abraham lui donna le dixième de tout».

Plus tard, la ville appartient aux Jébuséens. David conquiert la ville et l’appelle à nouveau Ir Shalem. Depuis, on appelle Jérusalem la « ville de David » ou Ariel — « Lion de Dieu ».

Samuel II (5: 6):

«En conséquence, le roi et ses hommes allèrent à Jérusalem, contre les Jébusites qui habitaient le pays, et ceux-ci se mirent à dire à David: « Tu n’entreras pas ici, mais les aveugles et les boiteux t’en écarteront à coup sûr », car ils se disait : « David n’entrera pas ici ».

La conquête de la ville par David marque le début d’une grandiose intrigue qui durera plusieurs siècles et qui créera l’aura de sainteté de la ville, ainsi que sa signification historique, religieuse et spirituelle pour le peuple juif.

Les Philistins (XIIᵉ–VIᵉ siècle av. n. è.), ennemis des Hébreux, constatent le transfert de la capitale d’Hébron à Jérusalem. Ils comprennent la renaissance de la ville comme celle du Royaume. La bataille contre les Philistins a lieu dans la vallée de Refaim (Emek Refaim), décrite dans le IIᵉ Livre de Samuel (vers 1000 av. n. è.), et David remporte la victoire. À partir de ce moment, les Philistins cessent d’être une menace pour les Hébreux.

Ainsi, l’Arche d’alliance est transférée à Jérusalem, et la ville commence à s’appeler Tsion (en hébreu : « marque »). Sion signifie « lieu marqué ».

En apportant à la ville l’Arche d’alliance, David lui confère une légitimité religieuse : la ville devient aussi le lieu du culte. La Loi reconnaît David comme le seul et unique fondateur de la vraie dynastie, jusqu’à la fin des jours. (Saint Matthieu commencera son évangile par : « Livre de l’histoire de Jésus-Christ, fils de David, fils d’Abraham. »)

En rouge, la ville de David (Ir David en hébreu)

Salomon entreprend la construction du Temple sur le mont Moriah, appelé par la suite mont du Temple – qu’on nomme improprement en français « esplanade des mosquées ».

Après la division en deux royaumes, Israël et Judée, Jéroboam construit un lieu de culte à Béthel, mais l’essentiel est déjà fait : Jérusalem est à jamais devenue la ville sainte du peuple juif.

À la suite des invasions, des alliances et des guerres, le royaume d’Israël s’affaiblit tandis que celui de Judée se renforce. Le roi anti-assyrien Ézéchias (Hizkiyahu), vers 722 av. n. è., fortifie la ville et détourne les eaux du Gihon vers le Shiloah.

Un événement décisif marque cette époque : le siège de Jérusalem par les Assyriens. L’armée de Sennachérib arrive pour détruire la ville, mais elle lève le siège et se retire. Les historiens supposent que des maladies — peut-être une épidémie de peste (Caesar, Stephen W., 2017, The Annihilation of Sennacherib’s Army: A Case of Septicemic Plague, Jewish Bible Quarterly, 45(4): 222–228) — ou un manque de moyens après la victoire en Égypte ont contraint au retrait. Toujours est-il que Sennachérib lève le siège en 701 et s’en va.

Sénachérib

Quelles que soient les raisons réelles de ce départ, les Hébreux comme leurs ennemis y voient la preuve de la sainteté de Jérusalem, la marque divine. L’événement historique se change en symbole inébranlable : le passage de l’Histoire à la Religion.

Les événements qui suivent font de Jérusalem le seul lieu de pèlerinage pour accomplir les sacrifices lors des grandes fêtes juives.

Lorsque Nabuchodonosor conquiert la Judée, à cause de sa politique pro-égyptienne, l’image de Jérusalem reste inébranlable. Le retour des Juifs sera toujours utilisé par les grandes puissances pour renforcer leur propre pouvoir.

Le prophète Jérémie (Yirmiyahu) décrit ce qui s’est passé à Jérusalem dans le livre de Jérémie. Dans sa prophétie, le second Temple devait être reconstruit soixante-dix ans après la destruction du premier (586 av. n. è.), soit vers 516. En 539, Cyrus conquiert Babylone : l’indépendance babylonienne est perdue. Cyrus autorise les Juifs à retourner à Jérusalem – non par amour du peuple juif, mais parce que, dans sa stratégie visant à affaiblir les Babyloniens, il cherche à peupler la périphérie de l’empire avec des peuples loyaux.

Cette considération restera d’actualité : les Anglais, plus tard, autoriseront les Juifs à revenir sur leur terre pour contrer l’influence arabe.

Ainsi, le Retour à Jérusalem devient l’un des points clés de l’histoire. C’est Jérusalem qui pousse les Juifs à quitter leurs lieux d’exil, leurs habitudes et leur vie pour restaurer le centre spirituel. L’idéologie du Retour est contenue dans les prophéties ; elle s’est transmise jusqu’à nos jours. Même sous le régime communiste, quand les portes des maisons étaient fermées et que personne ne connaissait l’hébreu, on se transmettait encore de génération en génération :
« Shana haba’a b’Yerushalayim »- L’an prochain à Jérusalem.

La reconstruction : Esdras et Néhémie

Jacob van Loo  (1614-1670) Zorobabel montrant un plan de Jérusalem à Cyrus

Sous Esdras (Ezra) et Néhémie, la ville se reconstruit peu à peu. Le Temple est rebâti, les murailles se relèvent, et la Loi est de nouveau lue au peuple. Mais l’unité nationale n’est plus : la Judée, devenue une province perse, dépend désormais de la bienveillance du pouvoir impérial. Esdras ne reconstruit pas seulement un espace physique ; il restaure une identité.
La lecture publique de la Torah, la réorganisation de la vie communautaire et la purification du peuple sont autant de gestes qui visent à réaffirmer le lien entre Jérusalem et Dieu. C’est à cette époque que se cristallise une idée nouvelle : Jérusalem n’est pas simplement une capitale politique ou religieuse, mais le symbole du lien indestructible entre le peuple juif et son Dieu.

La période hellénistique

En 332 avant notre ère, Alexandre le Grand conquiert la région. Après sa mort, la Judée passe successivement sous domination ptolémaïque, puis séleucide. Les rois hellénistiques tolèrent d’abord le culte juif, mais la tension monte avec Antiochos IV Épiphane, qui tente d’imposer le culte grec.

La profanation du Temple et la persécution religieuse déclenchent la révolte des Maccabées (167–160 av. n. è.), menée par Mattathias et ses fils.

La victoire de Juda Maccabée conduit à la purification du Temple et à la fête de Hanoucca –— célébration de la lumière retrouvée, de la foi préservée et du courage face à l’oppression.

Cette période est capitale : elle marque le passage de Jérusalem sous une autonomie juive. Les Hasmonéens gouvernent la ville pendant environ un siècle, étendent leurs territoires et unifient le peuple sous la loi juive.

Mais les luttes internes entre dynasties, l’ingérence des puissances étrangères et l’ambition de Rome finiront par mettre fin à cette indépendance fragile.

L’époque romaine

En 63 avant notre ère, Pompée entre dans Jérusalem. La Judée devient un royaume vassal de Rome.

Hérode le Grand, installé par les Romains, entreprend d’immenses travaux : il reconstruit le Temple avec une magnificence inédite et transforme Jérusalem en une métropole d’une beauté saisissante. Mais cette splendeur cache une tension politique croissante. Hérode règne par la peur et la violence ; il bâtit pour plaire à Rome, non pour Israël.

Après sa mort, la Judée est gouvernée par des procurateurs romains. Les tensions religieuses, économiques et nationales s’intensifient. En 66, éclate la grande révolte juive contre Rome.

En 70, Titus détruit le Temple. Ce n’est pas seulement une catastrophe matérielle : c’est un séisme spirituel et symbolique. La ville sainte est rasée, le Temple brûle, le culte s’interrompt.

Mais cette destruction, loin d’effacer Jérusalem, la transforme en mythe.

La ville terrestre devient une ville de mémoire, une cité spirituelle : Jérusalem céleste, celle qui ne peut être détruite.

Après la révolte de Bar Kokhba (132–135), les Romains interdisent aux Juifs de s’approcher de la ville. Hadrien la rebaptise Aelia Capitolina, il ordonne la construction des temples romains sur tous les lieux saints des Juifs. Ainsi continue l’Opération d’effacement archéologique et sémantique des Juifs de leur histoire. Jérusalem devient une colonie païenne. Mais dans la conscience juive, elle reste éternelle. Les prières continuent à se tourner vers elle, les poètes continuent à chanter sa beauté perdue.


Dans l’exil, Jérusalem devient le cœur invisible du peuple juif.

La période byzantine

Après la conversion de Constantin et la reconnaissance du christianisme, Jérusalem change de visage. L’empereur fait construire des églises sur les lieux saints : la plus célèbre, la basilique du Saint-Sépulcre, érigée par Hélène, la mère de Constantin. La ville devient alors un grand centre de pèlerinage chrétien.

Entrée à l’Eglise du St. Sépulcre aujourd’hui


Mais cette sacralisation nouvelle, centrée sur la Passion du Christ, transforme profondément la mémoire du lieu. La Jérusalem juive devient peu à peu une Jérusalem chrétienne. Les Juifs ne sont autorisés à y venir qu’un jour par an — pour pleurer sur les ruines du Temple.

Dans cette période, la topographie spirituelle se modifie : le centre du monde n’est plus le mont du Temple, mais le Golgotha.


La mémoire d’Israël subsiste, mais reléguée à la marge.

La conquête arabe

En 638, le calife Omar entre à Jérusalem. Les Byzantins se retirent ; les Juifs, eux, obtiennent la permission de revenir dans la ville. Sous les premiers califes, Jérusalem n’est pas une capitale, mais une ville sainte de second rang après La Mecque et Médine.

C’est sous le calife Abd al-Malik, à la fin du VIIᵉ siècle, que s’élève le Dôme du Rocher, sur le mont du Temple. Ce monument- chef-d’œuvre de l’architecture islamique – incarne la volonté d’ancrer l’islam dans le récit abrahamique et de s’approprier le symbole du lieu. C’est le trait caractéristique de l’Islam: ne jamais ignorer les lieux saints d’autres religions, mais leur appropriation et leur « explication » islamique.


L’islam naissant se présente comme le prolongement des révélations antérieures : le Dôme du Rocher devient le signe visible de cette continuité revendiquée.

Al-Masjid Al-Aqsa (Mosquée Al-Aqsa construite sur le Mont du Tempe)

Cependant, pour les Juifs, ce lieu reste celui du Temple détruit ; pour les chrétiens, celui de la Passion. Ainsi, trois religions cohabitent sur le même espace, chacune portant un récit exclusif de la vérité.

Jérusalem devient le théâtre permanent d’un désaccord sacré.

Les Croisades

En 1099, les croisés conquièrent Jérusalem. La ville est prise dans le sang : la population musulmane et juive est massacrée. Les croisés établissent le royaume latin de Jérusalem, et la ville devient capitale d’un royaume chrétien. Mais cette domination ne dure pas.

Stations d’arrêt de Jésus sur Via dolorosa


En 1187, Salah ad-Din (Saladin) reprend Jérusalem. L’événement bouleverse l’Europe chrétienne et redonne à Jérusalem son rôle de point focal du monde. Sous les Ayyoubides, les Juifs sont de nouveau autorisés à revenir ; certains s’y installent durablement. La ville, détruite et reconstruite à maintes reprises, reste un champ de ruines et de prières.


Les murailles s’effritent, les populations changent, mais la mémoire demeure intacte.

La période ottomane

En 1517, Jérusalem passe sous la domination de l’Empire ottoman. Sous Soliman le Magnifique, les murailles actuelles sont reconstruites (entre 1535 et 1542). Le mont du Temple est restauré, les quartiers sont réorganisés, et la ville prend l’aspect qu’elle a encore aujourd’hui dans sa partie ancienne.

La population juive augmente lentement. Les pèlerins affluent de toutes parts : chrétiens, musulmans, juifs venus d’Espagne, d’Italie, de Turquie. La ville devient une mosaïque linguistique et culturelle.

Mais sous le faste apparent, la misère domine. Les récits de voyageurs européens décrivent une Jérusalem pauvre, délabrée, aux rues étroites et poussiéreuses, vivant surtout du pèlerinage.

Pourtant, dans la conscience juive, Jérusalem reste la même : la ville de David, du Temple, du souvenir.

Chaque mariage, chaque fête, chaque prière rappelle qu’elle est la véritable patrie, celle du retour espéré. Dans les synagogues du monde entier, on continue de dire :
« Im eshkakhekh Yerushalayim, tishkakh yemini » — Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite m’oublie.

La période moderne

Au XIXᵉ siècle, Jérusalem attire l’attention croissante de l’Europe. Les puissances occidentales – Angleterre, France, Russie – y établissent des consulats, des missions religieuses et des institutions éducatives. Les archéologues, les voyageurs et les écrivains européens redécouvrent la ville biblique et en font un mythe moderne.

Mais c’est aussi l’époque du renouveau juif. Les disciples du Gaon de Vilna, puis les pionniers de la première aliya (vague d’immigration juive), s’installent en Terre d’Israël.

En 1860, le quartier de Mishkenot Sha’ananim est construit hors des murs : c’est le premier quartier juif moderne de Jérusalem. Peu à peu, la ville s’étend au-delà de ses murailles.

La naissance de Tel-Aviv

En 1909, sur les dunes au nord de Jaffa, un petit groupe de Juifs achète un terrain et y fonde un nouveau quartier : Ahuzat Bayit, bientôt rebaptisé Tel-Aviv.
Son nom signifie littéralement « la colline du printemps » – symbole du renouveau sur une terre antique.

Tel-Aviv devient rapidement le centre de la vie intellectuelle et politique du Yishouv (le peuplement juif pré-étatique).


Là où Jérusalem symbolise la mémoire et la prière, Tel-Aviv incarne l’action et la modernité.
La première est une ville de pierre et de silence ; la seconde, une ville de sable et de voix. Mais ces deux villes ne s’opposent pas : elles se complètent.
Jérusalem garde la verticalité du rapport au divin ; Tel-Aviv porte l’horizontalité du rapport au monde. Elles forment les deux pôles d’une même identité : la tradition et la création, la mémoire et l’avenir.

De la guerre à l’indépendance

En 1948, la guerre d’indépendance éclate. La vieille ville de Jérusalem tombe aux mains de la Légion arabe ; ses habitants juifs sont expulsés, les synagogues détruites. La capitale spirituelle est coupée en deux.

Tel-Aviv, provisoirement, devient la capitale politique de l’État naissant. Mais dans le cœur des Israéliens, la capitale reste Jérusalem. Le 14 mai 1948, c’est à Tel-Aviv que David Ben-Gourion proclame l’indépendance d’Israël, mais c’est à Jérusalem que l’État retrouve son âme.

En 1967, lors de la guerre des Six Jours, Jérusalem est réunifiée. Pour la première fois depuis près de deux millénaires, la ville entière revient sous souveraineté juive. Ce jour-là, les soldats qui atteignent le Kotel  (appelé dans la tradition chrétienne Mur des Lamentations) pleurent et prient : le rêve du retour est accompli.

Jérusalem aujourd’hui

Aujourd’hui, Jérusalem reste une ville à part. Trois religions y coexistent, trois mémoires y s’entrelacent, trois récits y s’affrontent. Chaque pierre porte une prière, chaque ruelle, un souvenir.

Tel-Aviv, de son côté, incarne l’énergie, la modernité, l’esprit d’innovation. C’est la ville des universités, des start-up, de la vie nocturne — une ville tournée vers le futur, mais fondée sur une mémoire antique.

Ces deux villes forment ensemble l’image d’Israël :


Jérusalem, la mémoire du ciel ; Tel-Aviv, la promesse de la terre.

Elles ne sont pas des contraires, mais les deux faces d’un même visage.
Jérusalem élève le regard vers l’absolu, Tel-Aviv fait battre le cœur du présent. L’une prie, l’autre crée. L’une rappelle, l’autre invente. Et toutes deux disent, chacune à sa manière, le même mot éternel : renaissance.

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