amalgames argumentatifs, analyse sémantique, Médias et conflit israélo-palestinien

Les nouveaux médias d’information et les vieux procédés de manipulation : la logique du discours meurtrier

 par Yana Grinshpun, Roland Assaraf

Cet article est issu du colloque « Discours meurtriers », organisé à la mémoire de Victor Klemperer. Il y a eu une tentative de censure de participation des auteurs à ce colloque de la part des organisateurs, qui ont d’abord accepté notre proposition et ensuite nous ont annoncé qu’elle était trop « polémique ».  Le lecteur appréciera la peur de la polémique à l’Université qui est censée être justement le lieu du débat d’idées contradictoire. Le problème est que la contradiction du dogme officiel pose problème au clergé académique, surtout quand il s’agit de l’analyse de la construction du narratif médiatique anti-Juif.  Mohammed Merah a compris ce que nous analysons ici mieux que certains universitaires.

 Introduction

 Victor Klemperer a analysé dans La langue du III Reich comment l’utilisation par les médias de masse du langage pouvait propager de manière efficace une doctrine politique meurtrière.

L’intégration de l’idéologie dans la doxa est possible grâce à la circulation à grande échelle et sur une longue durée d’énoncés répétitifs et non soumis au sens critique (pour les valider ou les invalider). Si ces énoncés ne sont pas fondés sur la réalité, ils conditionnent toutefois les esprits à la percevoir d’une certaine manière et surtout comme une évidence. En s’adressant à tous, les médias de masse n’ont pas uniquement la possibilité de transmettre aux lecteurs ou auditeurs des présupposés comme des évidences, ils transmettent également l’idée que ces présupposés sont censés être évidentes pour l’ensemble des récepteurs de ces médias. C’est précisément ce qui confère aux messages médiatiques la puissance symbolique que d’autres moyens d’information, comme par exemple, les réseaux sociaux, n’ont en général pas.

Les médias de masse ne font pas que relater des informations sur différents sujets, ils influencent l’opinion publique, les décisions politiques et le déroulement des évènements. La façon dont est relaté un conflit peut par exemple contribuer à galvaniser un camp et démoraliser l’autre. Le récit médiatique a un grand pouvoir de construction de l’histoire du passé et du présent en faisant retour sur le passé et en montrant le présent sous un certain angle, choisi en fonction de l’idéologie dominante. La réalité politique et sociale apparaît ainsi indissociable du fonctionnement du discours médiatique qui s’en inspire et qui l’influence en même temps.

Inspirés par la démarche de V. Klemperer, nous nous sommes intéressés au fonctionnement des médias de masse, et nous nous sommes interrogés en particulier si des dispositifs rhétoriques conditionnent aujourd’hui la réception de l’idéologie antijuive, à la lumière de la montée de l’antisémitisme meurtrier en France ces dernières années.

Dans un certain nombre de dispositifs, construits et véhiculés par le discours politique et le discours médiatique issus de dépêches de l’AFP, la logique meurtrière n’est pas explicite, elle n’est pas doctrinaire comme dans le cas de LTI. Cependant, on y retrouve quelques procédés décrits par Klemperer : les principaux étant, la manipulation du lexique, l’inversion victimaire, et le recours à l’essentialisation.

Nous nous pencherons sur les discours de meurtriers adressés aux médias, lors des assassinats commis par des terroristes sur le sol français depuis 2012[1] et qui visaient les citoyens français, en particulier les citoyens français juifs. L’un des ressorts essentiels de ces discours est de légitimer et justifier le meurtre auprès de l’opinion publique. Le meurtre lui-même semble être le moyen efficace pour les auteurs de diffuser un message à l’opinion publique. Ainsi, de nombreux meurtres idéologiques revendiqués font la une des journaux.

Nous allons voir que ces discours de justification livrés aux médias par les terroristes sont construits sur des modèles comparables à ceux utilisés par les médias dans la construction du récit des attentats visant les citoyens juifs-israéliens. La comparaison tient compte des régularités lexicales, des présupposés pragmatiques et des ressorts argumentatifs mis en œuvre par le dispositif médiatique et par le discours des meurtriers terroristes. Elle permet de conclure que le discours des meurtriers fonctionne comme un miroir discursif du dispositif médiatique.

L’une des propriétés saillantes de ce dispositif rhétorique commun est qu’il recourt notamment à l’essentialisation en procédant par dichotomie narrative suivante : dominant, persécuteur, israélien vs dominé, victime, palestinien. Par essentialisation nous entendons l’ensemble des propriétés intrinsèques attribuées à deux groupes, indépendamment du contexte, des actions de leurs membres, et de leurs discours à un moment donné. Nous le montrerons  ci-dessous.

Régularités lexicales dans les médias

On constate dans la presse en ligne professionnelle, un nombre important de discours  associant les mots «apartheid », « nazisme » ou « génocide », au nom d’Israël. Ces propos sont parfois énoncés par les personnalités du monde culturel et médiatique: tel José Saramago, célèbre écrivain portugais (2002) qui a comparé Ramallah à Auschwitz, ou encore Mathieu Kassovitz qui accuse l’armée israélienne de tuer les enfants palestiniens[2], ou François Cluzet accusant Israël d’emprisonner des gens pour leurs opinions[3]. Ces propos sont le plus souvent rapportés par les médias, comme dans ce paragraphe livré sans commentaire par Le Monde,

« Pour la première fois dans l’histoire de l’ONU, un rapport publié en son nom accuse Israël de soumettre les Palestiniens à un régime d’apartheid. Ce document, dévoilé mercredi 15 mars à Beyrouth, émane de l’ESCWA (Economic and Social Commission for Western Asia), l’une des cinq commissions régionales des Nations unies, chargée des questions économiques et sociales dans le monde arabe, dont le siège se trouve dans la capitale libanaise. » (https://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2017/03/16/un-rapport-de-l-onu-accuse-israel-d-apartheid-envers-les-palestiniens_5095663_3218.html ou parfois assumés par le journaliste.

« La lecture d’Israël : le nouvel apartheid (2), de Michel Bôle-Richard, correspondant du Monde à Johannesburg de 1984 à 1990, puis à Jérusalem de 2006 à 2009, permet de mesurer combien, à maints égards, la comparaison est probante. Puisant dans ses années d’enquêtes, de reportages et d’interviews, Bôle-Richard évoque de façon très concrète la judaïsation de Jérusalem, les colons hystériques d’Hébron, le martyre de Gaza, le mur de séparation, les lois liberticides, mais aussi la lâcheté de la « communauté internationale », seule apte à ramener à la raison les fondamentalistes, qui se croient investis d’une mission divine ».

Dans les médias qui se présentent comme alternatifs, mais qui se réfèrent souvent à la même source, l’AFP, ces analogies sont très souvent assumées par le journaliste ou par les bloggeurs[4] qui participent à titre de contributeurs aux médias en ligne et s’inscrivent dans la ligne éditoriale du média hébergeant.

« Les colons blancs de l’Afrique du Sud, tout comme les pionniers du sionisme, se sont installés dans un pays où vivait déjà un autre peuple. Comme en Afrique du Sud, les colonisateurs de la Palestine vont expulser la population indigène arabe de sa terre, soit les deux tiers des Palestiniens vivant sur le territoire qui deviendra Israël en 1948, s’emparer de leurs terres et de leurs biens et faire longtemps subir à ceux qui restent dans ce qui est désormais défini comme un « Etat juif » une législation ségrégationniste. » (https://www.monde-diplomatique.fr/2003/11/FARSAKH/10683)

Le discours peut construire des réalités différentes moyennant le choix lexical, sémantique ou syntaxique, en utilisant les mots, qui, à force de répétition, se chargent de sens inédits. Par exemple, «néo-nazis », « lois ségrégationnistes », « apartheid », « colonisateurs » sont des termes récurrents sous la plume des journalistes de ces médias.

Comme pointé en introduction, ces mots sont régulièrement employés sans que leur définition soit clairement énoncée, ni sans que leur référent soit clairement désigné.

Par exemple, le terme « apartheid » était souvent utilisé afin de parler du système politique qui a été mis en place en Afrique du Sud. Entre 1948 et 1991, ce régime consistait à une séparation des hommes et des femmes selon leur couleur de peau, les assignant à des législations différentes.

L’application de ce terme à l’État d’Israël n’est jamais justifiée ni par l’explication des critères sur lesquels la ségrégation serait faite, ni par des références exactes à la loi, ni aux lieux où la ségrégation se pratiquerait : les bus, les théâtres, l’administration, le commerce ou les universités.

Il est pourtant aisé de rapporter ceci à la réalité, par exemple l’Université hébraïque de Jérusalem accepte tous les étudiants dont les ressortissants de l’Autonomie palestinienne. https://www.haaretz.com/israel-news/.premium-hebrew-university-to-recognize-palestinian-authority-test-scores-1.5443610. Les médias français occultent ces informations publiées, pourtant, par l’organe de presse israélien auquel il est souvent fait référence par le Monde ou Libération et qui est présenté en France comme source d’information fiable et non-partisane.

Dans ce document émis par des étudiants arabes dont certains sont palestiniens des Universités Israéliennes/

https://electronicintifada.net/content/palestinian-students-israeli-universities-support-academic-boycott/1001

“We are Arab students at the Israeli universities writing to you in support of the proposed academic boycott of Israeli academic institutions. We believe that the boycott is timely and hopefully will help in upholding moral values of fairness, justice and equality which have been sorely missed in our region.”

La présence des étudiants Palestiniens dans les facultés israéliennes ainsi que leur liberté d’appeler au boycott universitaire des universités où ils étudient va à l’encontre de la thèse de ségrégation ou apartheid.

Discours des meurtriers

Notre corpus comprend deux traces du discours de M. Merah : le premier avant la tuerie de l’école de Toulouse, lors de son contact de France 24[5] et la transcription de son échange avec un policier du raid. Nous disposons également des témoignages sur les discours d’Adel Kermich : l’assassin du père Hamel à l’église Saint-Etienne de Rouvray, des enregistrements de la conversation d’Amedi Coulibali avec les otages[6] (et sa déclaration faite à la BFM télé et rapporté par le journaliste[7].

Quant à Mehdi Nemmouch qui prétendait commettre un attentat « à la Merah puissance 5 », nous n’en avons que le discours rapporté des journalistes[8].

Le discours le plus complet et le plus argumenté est celui de Merah publié par Libération.

« J’aurais jamais tué des enfants si vous aurez… si vous aurez pas tué nos enfants. J’ai tué des enfants juifs, parce que mes petites sœurs, mes petits frères musulmans se font tuer. Donc heu, heu. Donc moi je savais qu’en tuant que des militaires, des juifs, tout ça, le message passerait mieux. Parce que si j’aurais tué des civils, la population française aurait dit que, heu voilà, c’est un fou d’Al-Qaeda, c’est juste un terroriste, il tue des civils. Même si j’ai le droit, mais le message, il est différent. Là j’ai tué des militaires et des juifs. Les juifs, ils tuent en Palestine. Les militaires, ils sont engagés en Afghanistan. Ils peuvent rien dire, c’est de la défense. Je tue les militaires en France parce qu’en Afghanistan, ils tuent mes frères. Je tue des juifs en France, parce que ces mêmes juifs-là… heu tuent des innocents en Palestine. Donc voilà, c’est… J’avais un but précis. Dans mes choix de victimes. » (Mohamed Merah publié dans Libération http://www.liberation.fr/societe/2012/07/16/exclusif-le-dialogue-entre-mohamed-merah-et-la-dcri-le-flic-et-le-terroriste_833708)

La construction logique est la suivante

  1. Désignation d’un couple bourreau/victime (« Juifs/Palestiniens » chez M. Merah, « Français/frères Syriens ou afghans » chez A. Kermich et frères Kouachi).
  2. Identification du meurtrier avec les victimes désignées (« mes frères palestiniens »). Ils se construisent comme victimes par cette identification, mais aussi comme justiciers qui vont réparer l’injustice.
  3. Identification des victimes du meurtre avec les bourreaux désignés (les enfants tués sont « juifs », or les Juifs tuent les enfants palestiniens, les enfants sont donc identifiés aux bourreaux. Les militaires tuent, le français tué est militaire, cela justifie son meurtre pour M. Merah.
  4. Absence de responsabilité des meurtriers, « j’aurais jamais tué des enfants si… », les responsables des meurtres ne sont pas M. Merah, A. Coulibali ou A. Kermich. Les meurtres sont le résultat de l’action des victimes qui dans ce discours prennent place de bourreaux tueurs des enfants. S’ils sont tués, c’est de leur faute.

Nous appelons cette construction « une logique du discours meurtrier ». C’est une logique de revendication victimaire et de réparation par le meurtre pour lequel le meurtrier engage non pas sa responsabilité, mais celle de la cible, ou du groupe auquel est censé appartenir la cible.

Le discours meurtrier contient également un appel à l’empathie, non pour les cibles du meurtre, mais pour l’auteur du meurtre et les victimes auxquelles il est associé.

Quand Mohammed Merah dit : « Parce que si j’aurais tué des civils, la population française aurait dit que, heu voilà, c’est un fou d’Al-Quiada, c’est juste un terroriste, il tue des civils », il construit son raisonnement sur un présupposé qui est que quand on tue les Juifs, le meurtre est plus justifié par le préjugé communément partagé sur la nature de ce groupe connotée négativement. Si on tue les Juifs, on n’est pas terroriste. La concordance « militaires » « juifs » va dans ce sens, car ces deux mots partagent un sème commun négatif : « mettre à mort ». Merah se réfère à l’image des Israéliens, comme tueurs d’enfants ; c’est pourquoi le message « passerait mieux ».

L’hypothèse qui nous amène à dire que des discours comme celui de Merah avec leurs présupposés, sont inspirés, entre autres, du modèle médiatique et se réfère à lui se basent sur deux observations :

  1. Les références aux enfants palestiniens tués par les Israéliens et que les meurtriers vengeraient en tuant les juifs et des français se trouvent très souvent dans le discours politique et, par conséquent, médiatique. Le discours de D. de Villepin publié dans le Figaro en est un bon exemple (http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2014/07/31/31002-20140731ARTFIG00381-dominique-de-villepin-lever-la-voix-face-au-massacre-perpetre-a-gaza.php. Ce discours est postérieur au meurtre de Merah, mais il donne caution à tous les meurtriers qui ont suivi ce dernier. L’AFP pratique l’accusation d’Israël comme « meurtrier des enfants » depuis 2000, l’affaire du petit Mohammed Al Durah (voir P. A. Taguieff, 2010, D. Dayan, 2012).
  2. La construction logique de ces discours qui transfère la responsabilité d’actes meurtriers sur les victimes du meurtre et appelle à l’empathie pour les meurtriers et non pour les victimes, est également un modèle véhiculé par le récit médiatique dominant.

Pour prouver cette hypothèse, nous allons comparer des discours émis par les médias, aux discours que ces meurtriers ont livrés aux médias.

Le paradigme désignationnel médiatique

Nous commencerons par analyser un exemple: la couverture médiatique du meurtre de la famille Fogiel à Itamar, une ville qui se trouve dans le Nord de la Samarie, en 2011 par deux meurtriers palestiniens. Ce jour-là, deux assassins poignardent à mort 5 personnes : Mme et M. Fogiel et leurs trois enfants dont un bébé de trois mois.

Voici les titres principaux des médias en ligne :

https://www.nouvelobs.com/monde/20110312.OBS9536/cisjordanie-une-famille-de-colons-israeliens-tuee-pres-de-naplouse.html

http://www.lepoint.fr/monde/meurtre-d-une-famille-de-colons-en-cisjordanie-deux-palestiniens-arretes-17-04-2011-1320255_24.php

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_meurtre-d-une-famille-de-colons-en-cisjordanie-deux-palestiniens-arretes?id=5962603

https://www.rts.ch/info/monde/3012125-israel-une-famille-de-colons-assassinee-.html

https://blogs.mediapart.fr/emmanuel-esliard/blog/180411/palestine-la-violence-inaudible (source des informations: http://www.ism-france.org/analyses/En-Palestine-tout-est-relatif-la-violence-des-colons-dont-vous-n-entendez-pas-parler-article-15353 (ONG palestinienne)

www.dailymotion.com/video/xhkdzx_un-palestinien-tue-cinq-colons-israeliens_new

https://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/03/14/apres-une-tuerie-israel-relance-la-colonisation_1492809_3218.html

http://www.20minutes.fr/monde/687022-20110314-monde-les-colons-itamar-renoncent-reve-grand-israel

L’organisation rhétorique fixe de ces articles et leur titrage s’explique par la source unique qui fournit l’information aux médias : l’AFP. Cette unicité va à l’encontre du postulat de la diversité d’opinion médiatique, car on voit que les organes médiatiques recopient la seule et unique dépêche.

Il y a les dénominations qui ne font pas consensus dans l’usage de la langue commune. La dénomination, selon G. Kleiber (1984 :80) est un acte « qui consiste en l’institution entre un objet et un signe X d’une association référentielle durable » Elle doit être apprise et mémorisée pour faire partie des habitudes associatives. La désignation, en revanche est un fait de créer une association occasionnelle entre le fait extralinguistique et le fait de langue. Dans cette perspective, le mot « colon » n’est plus une désignation, c’est une dénomination à référent stabilisé, porteur de sèmes négatifs. L’apposition de l’épithète « israélien » ou « juif » au mot « colon » multiplie la charge sémique négative.

Dans tous les articles de presse analysés, la dénomination des meurtriers est la suivante « des palestiniens », ou de « jeunes palestiniens ». Elle désigne un ensemble auquel est agrégé le meurtrier, « les palestiniens ». Aucun des articles analysés ne contient d’autres caractères qualificatifs : « terroriste », « extrémiste » « ultra-gauche palestinienne » (les tueurs seraient affiliés au FPLP).

Si on compare les désignations médiatiques des meurtriers qui tuent des civils en France, lorsque le meurtre est commis sur le territoire national au nom de l’islam, et quand il ne s’agit pas d’attaque de masse, comme celui de Bataclan, l’énonciation journalistique singularise l’auteur, qualifié de «déséquilibré », « extrémiste », « islamiste ». Il est parfois désigné par son nom. Or, quand les médias décrivent les attaques meurtrières commises en Israël, la dénomination reste stable et implique seulement l’appartenance nationale (on ne trouvera jamais : palestinien-islamiste, « déséquilibré » palestinien[9]).

Attentat à Nice: déséquilibré ou terroriste… Mystère autour des motivations de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel

(https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/attentat-a-nice-desequilibre-ou-terroriste-mystere-autour-des-motivations-de-mohamed-lahouaiej-bouhlel-7784139859)

Le déséquilibré auteur d’une agression antisémite à Strasbourg mis en examen et écroué https://www.lemonde.fr/societe/article/2016/08/19/un-juif-blesse-au-couteau-a-strasbourg_4985029_3224.html,)

ou encore un article publié par France Soir

« Allah Akbar »: les attaques de déséquilibrés criant que « Dieu est grand » se sont multipliées depuis 6 mois

http://www.francesoir.fr/societe-faits-divers/allah-allahu-akbar-attaques-desequilibres-criant-que-dieu-est-grand-multiplies-islam-islamisme-coran-terrorisme-folie-couteau-attentat-paris-villeurbanne-flavigny-laroque-timbaut-taser

Le fait de désigner quelqu’un par le terme « déséquilibré » est un moyen de le décharger de la responsabilité. En France, l’article 122-1 du code pénal énonce : « N’est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte, au moment des faits, d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes. ».

Or, dans le cas des attaques similaires par des palestiniens, il n’y a pas une seule occurrence de « déséquilibré » dans les médias, car la construction de la manière dont les attaques terroristes ont été menées en Israël obéit à une logique différente véhiculée par les médias où la dénomination a une fonction argumentative spécifique. Elle participe à la construction d’un récit nationaliste d’un peuple « dominé » et « colonisé », qui veut se « libérer ».

Dans les deux cas de figure, « déséquilibré » ou « palestinien » sont déchargés de la responsabilité de leurs actes, car dans un cas, il s’agit du handicap mental du meurtrier et dans l’autre du combat de tout le peuple auquel appartient le meurtrier (l’exécutant direct ou l’organisation commanditaire, Fatah, Hamas…) contre l’oppresseur (valeur positive universellement partagée).

Il en est de même avec l’exemple du mot « terroriste ». Lorsqu’il s’agit des meurtres des civils en Israël, on assiste aux désignations suivantes, même si cela n’est pas systématique

Paradigme désignationnel

auteurs des attentats                                                  colons
palestiniens                                                               colons juifs
résistants                                                                   colons israéliens
jeunes désespérés                                                      puissance occupante

 Utilisation du terme « colon » et ses dérivés « colonisation », « colonisateur »

 La politique de colonisation renvoie à celle de l’impérialisme, à l’envahissement du territoire, à l’exploitation de cette dernière à des fins économiques. Voici ce qu’en dit le TLF

  1. [En parlant de l’action de pers.] Occupation, exploitation, mise en tutelle d’un territoire sous-développé et sous-peuplé par les ressortissants d’une métropole.

« Colon » est selon le TLF,  Celui qui a quitté son pays pour aller occuper, défricher, cultiver une terre de colonisation :

Même si les définitions lexicographiques ne remplacent pas la circulation des formules dans le discours, elles permettent de rendre compte de la manière dont les énonciateurs -acteurs sociaux les utilisent, les investissent en retravaillant le sémantisme des mots. Les dictionnaires fonctionnent, selon l’expression consacrée, comme  des prêt-à-parler à disposition du public.

Ces définitions coïncident en effet avec la colonisation européenne des pays africains ou la colonisation américaine ou espagnole des terres appartenant aux indiens. Le « colonialisme » devient ainsi un terme à valeur axiologique péjorative. Le colonialisme est associé également au terme « impérialisme » et renvoie aux empires coloniaux. Or, l’État d’Israël n’est pas une métropole qui tient sous sa tutelle les territoires étrangers sans aucun lien historique et à des fins économiques, n’impose pas sa culture à d’autres peuples.

Décontextualiser les causes existentielles du conflit entre les Juifs israéliens et les Arabes palestiniens, comme le font les journalistes en traitant la politique israélienne comme la politique coloniale française, recourir au lexique de colonisation, héritée du discours de la propagande anti-impérialiste soviétique (voir Poliakov 1982, Wistrich 2012, Sarfati, E. 2002) de manière récurrente convertit Israël en un état dont on met en cause la légitimité. Par conséquent, le terme « colon » dénomme des êtres dont l’existence est illégitime, il se rapporte majoritairement à la population israélienne. Aucun autre  pays du monde n’est qualifié de colonialiste par les médias, malgré leur existence réel.

Dans cette perspective, l’argument de colonisation explique et justifie le meurtre des « colons », étant associé à ce qui est perçu comme le crime de la colonisation. Le substantif « colon » renvoie à la représentation négative issue de deux types de discours ambiants aujourd’hui : le discours post-colonial français et le discours relatif au conflit israélo-palestinien qui se greffe sur ce premier.

Même si la situation sur le terrain n’a rien à voir avec ce schéma de colonisation française en Algérie, il sert à transposer un imaginaire collectif négatif sur une situation différente.

En choisissant cette catégorisation et en y opposant les qualificatif « juif » ou « israélien »  on procède à l’évacuation de la responsabilité des meurtriers et par la désignation des victimes du meurtre, comme seuls responsables de leur mort. Dans le cas de la famille Fogiel, ce ne sont pas les auteurs du meurtre, mais les victimes qui sont singularisées par les dénominations choisies, « colons » et «extrémistes ». Ce que cette terminologie négative signifie est que la famille est responsable de son propre meurtre, par le fait de vivre sur un territoire où ils ne sont pas censés se trouver, selon l’opinion des journalistes.

Le désespoir et le comptage des morts

 A côté de ce paradigme, un autre paradigme s’est installé durablement dans le discours médiatique :

Pour un nombre important de blogs de Médiapart et articles de Libération, 20 minutes, La Croix et l’Humanité il ne s’agit pas de « terroristes » dans le cas des tueurs palestiniens mais, de la résistance face au désespoir :

« Les attentats perpétrés par le Hamas ont suscité une émotion légitime, mais aussi une indignation que nous ne partageons pas. Les auteurs de ces attentats ne sont ni des « lâches », puisqu’ils mettent en jeu leur vie, et encore moins des « monstres » puisque les attentats sont nettement moins meurtriers que les « raids de représailles » de TSAHAL, et surtout ils ne sont que la manifestation d’actes de résistance légitime face à Israël qui parle de paix tout en poursuivant sa politique de conquête et derépression. »  (https://blogs.mediapart.fr/fxavier/blog/101012/palestine-resistance-ou-terrorisme)

Ce point de vue consiste à considérer comme « résistants légitimes » les gens qui tuent les civils quand ils sont Juifs. Le nom axiologique « monstre » est ainsi utilisé comme gradable : la cruauté se mesure par le nombre des morts. Ce topos, explicite ou implicite est véhiculé par la plupart des articles de notre corpus, tirés des dépêches de l’AFP.  La compassion est censée être ressentie là où il y a plus de morts même s’ils sont pour la plupart des militants du Hamas, comme dans les affrontements récents à Gaza. La déploration de Benoît Hamon[10] dans l’entretien donné à RTL le 16 mai 2018 qu’il n’y ait pas de morts du côté israélien en est un bon exemple. Dans ce même entretien, Hamon falsifie (ou ignore, mais cela revient au même) les informations concernant les événements à Gaza : le fait que les 59 personnes qu’il cite appartenaient aux militants du Hamas (ce que les médias du Hamas se sont empressés d’annoncer sur les pages de la presse et ses réseaux sociaux) avec les photos des tués[11]. Dans cet entretien, Hamon procède à la déresponsabilisation explicite du Hamas, qu’il ne mentionne pas une seule fois pendant l’entretien attribuant toute la responsabilité à D. Trump, à B. Netanyahu et à Israël. Cette configuration psycho-discursive crée le schéma suivant : les victimes sont  tous ceux qui appartiennent au groupe qui a le plus de morts.

Ce raisonnement implique également que les Palestiniens sont tous des victimes exemplaires avec une liberté d’action sans partage moral, y compris les dirigeants d’organisation comme le Hamas. Ils peuvent ainsi chercher à tuer,  sans être désignées comme coupables, parce que leur combat est « juste » et que le groupe auquel il appartient n’a aucune responsabilité.

Les procédés argumentatifs et le lexique employés (« colonisés », « opprimés », « victimes de », « plus de morts de ce côté ») fonctionnent comme la justification du positionnement idéologique et toute violence, quelque meurtrière soit-elle, comme acte de courage, l’assassinat comme réponse légitime. C’est ce discours-là que tiennent les terroristes assassins en appelant les médias qui leur servent de couverture (dans toute la polysémie du terme). Tout est permis aux victimes désespérées, et cette permission délivrée, de manière, certainement, inconsciente par le discours médiatique porte un caractère meurtrier.

Ce discours victimaire qui exonère les acteurs des violences de la responsabilité a une portée universelle. Il est sous-tendu par le discours néo-marxiste qui transpose la lutte des classes sur un terrain nationaliste. On retrouve cette constante explicative dans les analyses des problèmes des banlieues et elle permet de comprendre également les mécanismes de l’identification des meurtriers avec la « cause palestinienne ».

« Les jeunes des cités sont ainsi les cibles privilégiées de la volonté de l’Etat à manifester son autorité et en même temps les oubliés de la République sociale. Les émeutes de novembre 2005 ont été une révolte du désespoir. Les émeutiers, qui n’étaient inspirés ou guidés ni par les gauchistes ni par les islamistes, avaient le sentiment de ne plus avoir de place ni d’avenir dans notre société. Il est bien sûr injustifiable de brûler des écoles, mais encore faut-il avoir l’honnêteté de reconnaître que l’école ne remplit pas dans ces quartiers le mandat d’égalité qui est le sien. L’échec scolaire entraîne l’échec professionnel. Les jeunes s’insurgent contre les discriminations dont ils sont victimes pour l’emploi ou le logement. »

(https://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20130313.OBS1712/les-jeunes-de-banlieue-ces-etrangers-de-l-interieur-assignes-a-residence.html)

On remarquera l’utilisation exemplaire de la concession  « mais  » dans la protase (ce qu’ils font  est injustifiable, mais on peut le justifier quand-même…)

La logique de la lutte des classes, des « laissés-pour-compte » de la République qui s’insurgent contre les discriminations obéit aux mêmes mécanismes que ceux qui meuvent les Merah et les Coulibali à l’action. Les intellectuels connus, comme Alain Badiou et Eric Hazan cautionnent cette logique :

« L’hostilité de ces jeunes envers les Juifs est fondamentalement liée à ce qui se passe en Palestine. Ils savent que là-bas, des Israéliens juifs oppriment les Palestiniens, qu’ils considèrent pour des raisons historiques évidentes comme leurs frères » (Badiou, Hazan (2011 : 18-19)

Or, dans la parole des meurtriers qui justifient leurs actes meurtriers, il y a une cause qu’ils mettent tous en avant, qui donne la légitimation à leurs actes : « venger les musulmans opprimés de la Palestine, venger les enfants palestiniens » (ce qui est en jeu ici, c’est l’identification aux victimes construites par le discours victimaire). Ce fonctionnement du discours meurtrier est connu au moins depuis que la Fontaine a écrit « Le loup et l’agneau » où le loup se présente comme victime des méfaits de l’agneau, puis de son frère, puis des siens, le berger et des chiens, et justifie ainsi le meurtre de l’agneau.

Cet amalgame discursif qui décontextualise les faits historiques et évite toute remise en contexte des histoires nationales est repris par les dirigeants palestiniens qui pousse sa logique jusqu’à l’absurde. Dans son allocution à Ramallah le 14 février 2018, Abbas dit : « Israël est un projet colonial sans lien avec le judaïsme », discours qui, comme on l’a vu, s’appuie sur les postulats du récit postcolonial européen. Dans cette même allocution il appelle à ne pas reconnaître l’état d’Israël, et à le combattre.

Voici comment Libération informe le lecteur de cet appel à l’élimination d’un état le 16 février 2016 :

« Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, s’est évidemment saisi avec empressement de ces dérapages. […]Du « petit lait » pour «Bibi», qui a toujours justifié l’état végétatif du processus de paix par l’absence de «partenaire». Une petite musique instillée, déjà, par l’ex-Premier ministre Ehud Barak après l’échec des négociations de Camp David en 2000.

Le journaliste propose ainsi au lecteur une procédure d’inférence double, qu’on pourrait résumer de la manière suivante :

-Dans le cas d’Abbas, la langue ne renvoie pas au monde, mais à elle-même (elle n’a pas d’effet sur le monde, elle est autonymique, sans aucun rapport au réel. Ce n’est qu’un dérapage verbal qui n’est pas à prendre au sérieux, car les mots d’Abbas n’engagent à aucune responsabilité).

-Le journaliste accuse Nétanyahou de prendre au sérieux ce discours en citant Abbas. Effectivement, Netanyahou n’a pas eu la même réception de ce discours que le journaliste, pour le premier israélien cette expression renverrait à une idéologie meurtrière qui ne reconnaît pas l’existence de l’Etat dont il est représentant officiel, pour le second ces mots ne renvoient à rien. C’est Abbas qui nie l’existence de l’état, mais c’est Netanyahou qui est responsable de « l’état végétatif du processus de paix ». Le processus doxique est le même que dans la désignation de Barak comme seul responsable des échecs de Camp David. On assiste à nouveau à l’inversion rhétorique : c’est Abbas qui prononce un discours meurtrier et c’est Nétanyahou qui est accusé de faire des obstacles à la paix.

Ces « idéologèmes » ont pour intérêt principal de pouvoir modifier la perception de la réalité en misant sur la faible conscience linguistique et critique de la majorité des locuteurs. Un discours codifié par le système des idées dominantes conduit à une vision stéréotypée de la réalité, qui produit une indifférenciation des points de vue. Les éléments doxiques mobilisés par ces procédés argumentatifs, s’installent progressivement dans la langue commune et dans la mémoire collective, cadrent la perception du lecteur et donnent à des opinions les apparences de l’évidence aléthique.

L’occultation ou le silence complaisant à ce propos des médias, ne peuvent que renforcer les représentations formées depuis des décennies, par le dispositif narratif déployé. Fonctionnant comme des formules incantatoires qui traversent l’ensemble des discours médiatiques, ces procédés de matraquage ne sont pas sans rappeler ce que dit V. Klemperer de la Lingua Tertii Imperii  qui décrivait la manière dont se déployait la propagande d’un groupe qui s’est emparé des postes de commande:

«..les mots peuvent être comme de minuscules doses d’arsenic : on les avale sans y prendre garde, ils semblent ne faire aucun effet, et voilà qu’après quelque temps l’effet toxique se fait sentir. […] la langue nazie imprègne les mots et les formes syntaxiques de son poison, elle assujettit la langue à son terrible système, elle gagne avec la langue son moyen de propagande le plus puissant, le plus public et le plus secret. » (p.40)

C’est ainsi qu’on retrouve ce poison instillé par les médias transparaître dans le discours des meurtriers, et de nourrir leur logique meurtrière.

Bibliographie

Bernays, Edward, 1928/2005, Propaganda. Comment manipuler l’opinion en démocratie ? New-York , Ig publishing. (e-book)

Badiou, Alain, Hazan, Eric, 2011, L’antisémitisme partout. Aujourd’hui en France,Paris, La fabrique

Bourdon, Jérôme, 2009, Le récit impossible. Le conflit israélo-palestinien et les médias, Bruxelles, Ina/De Boeck, coll. Médias recherche.

Calabrèse, Laure, 2013,L’événement en discours. Presse et mémoire sociale, Louvain-la-Neuve,  Académia-L’Harmattan, coll. « Science du langage. Carrefours et points de vue ».

Charaudeau, Patrick, 2009, « Une éthique du discours médiatique, est-elle possible ? » Communication, vol.27 n°2 (Consulté en ligne) http://www.patrick-charaudeau.com/Une-ethique-du-discours-mediatique,168.html

Charaudeau, Patrick, 2001, La télévision et la guerre. Déformation ou construction de la réalité ? Le conflit en Bosnie (1990-1994), Bruxelles, Ina-de-Boeck.

Dayan, Daniel, 2012, « Mentir par les médias », Ecrire l’histoire, n°9, pp.15-28.

Ellul, Jacques, 1962,  Propagandes, Paris, Armand-Colin.

Kleiber, Georges, 1984, « Dénomination et relations dénominatives », Langages, n°76, pp.77-94

Klemperer, Victor, 1996, LTI, la langue du III° Reich, Paris, Albin Michel.

Koren, Roselyne. 2008. « Pour une éthique du discours : prise de position et rationalité axiologique », Argumentation et Analyse du Discours 1, Amossy, Ruth & Roselyne Koren (éds) http://aad.revues.org/index184.html

Moirand, Sophie, 2007, Les discours de la presse quotidienne, Paris, PUF.

Ollivier-Yaniv, Caroline, 2010, « Discours politique, propagande, communication, manipulation », Mots, n¨4

Poliakov, Léon, 1983, De Moscou à Beyrouth. Essai sur la désinformation. Paris, Calmann-Lévy.

Sarfati, Georges-Elia, 2006, « Ce qu’écrire veut dire . Victor Klemperer et la fondation de la linguistique politique ».  Revue des Sciences Sociales, n°36, Université de Strasbourg, 2006, pp. 56-67.

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Taguieff, Pierre-André, 2018, Judéophobie. La dernière vague. Paris, Fayard.

Wistrcih, Robert, 2012, From ambivalence to betrayal. The left, the Jews, and Israel. University of Nebraska press.

[1]M. Merah (2012),  M. Nemmouch (2014), frères Couachi et A. Coulibali (2015), A. Kermich (2016).

[2]http://www.leparisien.fr/international/en-direct-israel-se-prepare-a-une-nouvelle-journee-de-manifestations-palestiniennes-15-05-2018-7716561.php consulté le 13/09/2019

[3]https://www.youtube.com/watch?v=1FsS84aUSKg&t=26s consulté le 13/09/2019

[4]Nous avons choisi, pour ce travail, de ne pas faire la distinction entre les genres du discours de la presse, par exemple « blog » ou « éditorial », car nous avons considéré que la publication des blogs est cautionnée par le positionnement idéologique des organes médiatiques.

[5]https://www.youtube.com/watch?v=vd0bTjkci5c

[6]https://www.youtube.com/watch?v=cGBgOCwa7Mg

[7]https://www.youtube.com/watch?v=mAoDxACTe4M

[8](http://www.liberation.fr/societe/2014/09/08/liberation-maintient-ses-informations-sur-le-projet-d-attentat-de-nemmouche_1095898,

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/2043642/2014/09/08/Nemmouche-visait-Paris-a-la-Merah-puissance-5.dhtml

[9]Nos conclusions sont fondées sur un corpus qui couvre 130 articles de presse depuis 2014. Le projet en cours qui comprend la constitution d’une base donnés des médias français depuis 1947 permettra d’avoir des résultats affinés de l’usage de la terminologie. Laquelle dépend aussi des consignes internes de l’AFP quant à la couverture du conflit israélo-palestinien.

[10]https://www.youtube.com/watch?time_continue=3&v=eIE2x1R6dn8

[11]http://memri.fr/2018/05/22/la-campagne-de-la-grande-marche-du-retour-une-initiative-parrainee-par-le-hamas-visant-a-franchir-la-barriere-frontaliere-et-a-penetrer-dans-le-territoire-israelien/

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