Culture, exégèse, néo-féminisme, Université française

Les violences sexistes et sexuelles de la langue et de la littérature françaises: lectures d’été.

par Yana Grinshpun

Trigger warning pour sensitive readers: cet article est écrit en néo-français inclusif et non-binaire, débarrassé de l’influence androcène oppressive. (L’auteureur.e.ice.esse du blog se met au goût du jour!)

On reconnaît les époques par l’usage de certains mots, ou plus précisément de maîtres-mots et de paroles-maîtresses. Par exemple, si je vous dis : « Ô mes frères ! », vous penserez inexorablement à Massillon (Jean-Baptiste) et à ses oraisons funèbres. Et s je vous dis : «Allons camarades ! », vous entendrez tout de suite la voix rauque des hommes et des femmes de cuir vêtus, ceux qu’aimait tant montrer Mosfilm, l’organe de propagande fabuleux made in USSR. Et si je vous dis : « Français ! Françaises ! », tout le monde comprend, c’est la Résistance, la radio de Londres et les trente glorieuses…

Et aujourd’hui, qu’entendrez-vous, cher lecteur, lectrice, lectaire et lecteuresse, en parlant des mots de l’époque ? Eh bien, je vous le dis et cela de première main ou plutôt d’oreilles et d’yeux qui entendent cela au moins quelques fois par semaine et lisent cela tous les jours de la semaine de la plume des élites de ce pays peuplant les facs de France et de Navarre. Même le divin shabbat et le non moins divin dimanche ne sont épargnés par les points médians, les préconisations aux inclusivités diverses et aux doublons de tout genre.

« Bonjour à tou.te.s, à tous et à toustes ! Que chacun et chacune de toustes celles et toustes ceux et même celleux et celleuses qui lisent ce blog, se mettent au goût du jour et cessent d’utiliser les formes désuètes de l’ancien français qu’aucun ni aucune personne, ni aucun ni aucune individu.e de bonne volonté ne pratique point. Elle faut que cela soit clair ! Le seul point novateur est le point médian. Que ils et elles, mais aussi ielles et iels comprennent bien que leurs pleurnicheries et leurs pleurnichauds réactionnaires d’amoureuses et d’amoureux de la langue française les laissent seules et seuls dans les confins de l’histoire ».

Et que diable et que diablesse ! Vous ne me croyez pas ? Vous haussez les épaules et passez votre chemin ? Évidemment, vous n’êtes pas là pour voir ni pour entendre. Vous vous dites plutôt rabelaisiens que sorbonicoles, vous êtes plutôt du côté de Pantagruel, et moi, j’ai affaire tous les jours aux Limousins et Limousines qui, faute de connaître le latin, écorchent le français à qui mieux mieux, et à qui mielles mielles.

Savez–vous, chers rétrogrades et pas moins chères rétrogradesses rabougri.e.s dans vos usages désuets pourquoi ils et elles et iels et ielles le font ? Je parie que non ! Ils et elles, iels et ielles, mes confrères et mes consoeurs ainsi que mes non-binaires et mes neutrois, mes neutres et mes neutrelles (sic !), bref, camarades et camaradesses linguistes, toutes docteurs et doctoresses, sont en train de chambouler les paradigmes du monde mâle-parlant et mâle-pensant qui est le nôtre. Ils et elles ont trouvé la cause suprême de ce mâle-être : c’est la langue française ! Car c’est elle et personne d’autre qui est à l’origine du patriarcat, de l’oppression, de la domination masculine et d’autres discriminations que subissent les femmes françaises et avec elles toutes les autres minorités qui existent et qui existeront, pour les siècles des siècles, car l’on en découvre tous les jours. Parce que la langue française, cette scélératesse, est excluante et genrée. Elle possède une arme de destruction massive des femmes : le genre morphologique masculin qui ose neutraliser l’opposition entre les genres, en mettant sur les femmes, tel un Harry Potter de la métalangue, une cape d’invisibilité

La preuve ? Tous ces horribles salles des enseignants, plats pour sportifs, cantines pour étudiants, avis au lecteur, ou de l’éditeur, films d’auteur, écoles d’ingénieurs, écoles de pizzaiolo, tous ces mariés au premier regard, les associations d’anciens combattants, les nouveau-nés, les vieux, les morts, les défavorisés, les mortels, les vivants, les cons, etc. Eh oui, même les cons sont au masculin comme si les connes ne pouvaient pas oser… et cependant…. Vous percevez l’offense ? Non ? Alors, en vérité je vous le dis : tous ces mots sont tous au masculin. Un scandale et pas des moindres ! Mais s’il n’y avait que le problème du genre, on s’en serait sorti.e.s, comme Monsieur la directrice de l’UFR de Lyon. À bas le masculin usurpateur, vive le féminin générique ! C’est simple comme bonjour. Prenez l’exemple des frères et sœurs en sciences de l’université lugdunesque :

Les statuts de l’UFR ASSP emploient le féminin générique. Vous ne me croyez toujours pas? Alors voyez de vos propres yeux et par vos prunelles (Cf. la page de l’UFR https://assp.univ-lyon2.fr/).

Cet établissement est fort exemplaire, car il enseigne merveilleusement le catéchisme de l’église nouvelle. Celle du Genre. Cette église est fort puissante, elle dispose en effet de nombreuses paroisses, congrégations, instituts et ordres dont les missionnaires veillent à la pureté des mœurs, à la santé morale des ouailles, à leur instruction et surtout à leurs lectures.

La dysphorie du genre et les violences sexuelles de la langue française

Par exemple, les Mères Supérieures sorbonicoles, lugdunesques et celleuses d’autres provinces lémoviques, aidées par l’Ordre des Pauvres Dames se sont sérieusement emparées de la dysphorie du genre de la langue française, que personne n’a remarquée avant leur avènement. Elles ont ainsi découvert que le vice était partout, qu’il se cachait aux tréfonds de la versification, qu’il s’insinuait jusque dans les rimes de notre langue, qu’il se nichait dans la morphologie des noms et dans la syntaxe des adjectifs. Une des mères patronnesses de ces doctes recherches écrit ceci :

 « « Du coup on a nommé e féminin le e non-accentué et e masculin le e correspondant au son é -qu’on se met parallèlement à doter d’un accent. (tant il est vrai, sans doute, que l’homme se caractérise par un petit quelque chose en plus, qui monte quand il est dur) »[1]

Grâce à cette découverte des plus contemporaines, le lecteur, la lectrice et l.ae lectaire ou la lecteuresse apprennent que les rimes relèvent de la sexualité et que leur alternance est une promotion de la plus réactionnaires des normes hétérocispatriarcales :

« Quant à l’alternance des deux types de rimes, peu à peu théorisée comme nécessaire dans la belle poésie, elle constitue une autre déclinaison de cet anthropomorphisme : en l’occurrence elle traduit l’idéal hétérosexuel des rapports humains. »[2]

Mais oui, bien sûr, comment tous ces pseudo-scientifiques ne l’ont pas vu dans leurs recherches ennuyeuses et démodées ! On imagine sans peine Robert Estienne, ou Geoffroy Tory, les inventeurs de l’accent aigu sur e, imprimeurs et humanistes, en train de noter leur invention typographique au moment de pressentir les joies de l’amour charnel ou, plus exactement au moment de s’apprêter à violer, (car selon une autre mère, pas moins supérieure, l’amour charnel est la célébration du viol par le pouvoir masculin[3]).

On pourrait être de très mauvaise foi et lui poser la question sur la possibilité pour les mots émasculé, châtré, castré d’être durs, mais il ne nous appartient pas ici de mettre en doute  les déclarations des autorités ecclésiastiques.

En revanche, nous pouvons amorcer ici une réflexion sur d’autres rimes de notre langue : rimes pauvres et riches, qui sont certainement les vestiges du capitalisme féodal ; rimes léonines, qui témoignent de la condition animale des félins en France, rime normande ou rime gasconne qui sont les incarnations langagières des suprématismes régionaux.

Mais revenons à l’essentiel. Cette brillante et très novatrice analyse a certainement été inspirée à l’autoresseuse par la lecture des classiques, créateurs et instigateurs de ce qu’il est d’usage dans les milieux ecclésiastiques sorbonicoles d’appeler « la culture du viol ». Pour les chasseresses des masculinismes, tout commence avec Pierre Ronsard, qui, ne se cachait même pas de ses intentions à l’égard des personnages féminins de ses poèmes. Ce grand poète, c’est ainsi que l’appellent les réactionnaires au pouvoir, n’était qu’un vulgaire violeur

Lisez donc :

« Je voudrais bien en taureau blanchissant
Me transformer pour finement la prendre,
Quand en avril par l’herbe la plus tendre
Elle va, fleur, mille fleurs ravissant ».
 

Si ce n’est pas un appel au viol, qu’est-ce que cela peut bien signifier d’autre ? Heureusement que celui qui écrit ces vers est convoqué post mortem à un procès pour abus sexuel et incitation à une pénétration non-consentie. Nos Ignace de Loyola, servantes irréprochables de la nouvelle Église du Genre[4] ont édité de précieuses médiations sur les violences sexistes et sexuelles promues et mises en acte par nombre de textes littéraires. Ils et elles, iels et ielles préconisent la nécessité de former l’Inquisition littéraire qui aura les compétences nécessaires pour traquer les violences sexuelles dans les textes. Dès qu’une sœur ou un frère de la société de la Sainte Ligue des Esprits Chastes décèlera la moindre tentative de violence sexiste et/ou sexuelle, propres aux textes douteux (exemples-types : Maupassant, Flaubert, Balzac ou encore Desproges) elle ou il, mais encore mieux quand ce sera iel, le signalera aux référents, experts en matière de sexualité des textes. Car, ô lecteur, ô lectrice et ô lectaire et ô lecteuresse, la littérature comporte intrinsèquement un danger de perversion de la jeunesse. Il, elle ou iel, devront chercher à obtenir le consentement des étudiants pour subir ces violences imposées par la lecture. Voici les extraits d’une épître aux séminaristes, signés par lesdites sœurs :

 « Nous avons donc établi un questionnaire à visée exploratoire, dans le but de savoir quels mots sont employés pour mentionner, décrire ou caractériser les violences représentées dans des textes souvent enseignés, par des enseignant·e·s interrogé·e·s ici à la fois en tant que lectrice / lecteur et en tant qu’enseignant·e. Cette enquête n’est en rien représentative, au sens sociologique et statistique du terme. Notre but n’était en aucun cas d’accuser les enquêté·e·s d’une quelconque incompétence, mais seulement de voir si et comment des lecteurs et lectrices particulièrement compétent·e·s nommaient et/ou repéraient les violences sexuelles dans les textes, afin d’amorcer une réflexion sur le cadrage de ces violences par l’institution scolaire dans son ensemble, de la formation des enseignant·e·s à la pratique de lecture des élèves. Nous souhaitons donc, de manière pragmatique, formuler des hypothèses sur les postures pédagogiques et les réponses à apporter face à cet enjeu. Enfin, notre attachement aux mots utilisés dans cette perspective s’appuie sur la conviction que la capacité des enseignant·e·s, en tant que médiateurs et médiatrices de ces textes, à caractériser et à nommer les violences représentées, est une condition d’une réflexivité sur cette question dans leur démarche pédagogique et de l’apprentissage d’une capacité à identifier les violences sexuelles et à assimiler la question éthique du consentement pour les élèves. »[5]

Quel louable souci de préserver le prochain et surtout la prochaine des offenses qu’ils et elles, iels et ielles peuvent éprouver, des traumatismes inévitables que provoque la lecture des œuvres ! Ces expertes en matière des violences sexistes et sexuelles littéraires sauront bien conseiller les médiateurs et médiatrices que sont les enseignants et les enseignantes comment nommer les mots de la violence. On attendra un conseil particulièrement avisé des sœurs avant de se lancer dans la lecture de Baise-moi de Virginie Despentes, ou La vie sexuelle de Catherine Millet.

Bienveillance

En fait, le véritable motif éthique de ces soucis pédagogiques n’est pas explicitement affiché, par modestie, cette sorte de modestie pudique préconisée par toute congrégation religieuse qui se respecte. Mais il est de notre devoir d’en rendre compte. La bienveillance est la notion clé de notre société. Il ne faut pas se tromper en pensant qu’il s’agit ici d’une attitude morale, c’est une composante essentielle du monde inclusif moderne. Par exemple, au sein même de l’église universitaire, la bienveillance est le mot d’ordre donné aux prêtres et prêtresses du savoir.

C’est au nom de cette attitude positive que la bienveillance oblige à mener une vaste campagne de révision des textes littéraires des époques passées, car ces derniers, étant écrits pas les personnes réactionnaires, antisémites, racistes et misogynes, autant que transphobes, homophobes et islamophobes quand ils ne sont pas russophobes, grossophobes et mixophobes, nécessitent l’adaptation à nos valeurs contemporaines inclusives, moralement supérieures à toutes les époques précédentes, car paritaires, féministes et égalitaristes.

Je suis personnellement chargée de la révision de certains textes constituants de notre société qui sont la preuve même de la corruption des mœurs. L’autre jour, en fêtant Hannouka, une fête juive hellénophobe, je me suis rendue compte que le texte du premier livre des Maccabées ne correspondait nullement aux valeurs de notre monde, c’est un texte qui ne tient pas compte des violences sexistes et racistes, ni de croyances racistes des personnages de ce livre, ni de la souffrance des animaux.

Ainsi, ai-je décidé de le réécrire, pour rendre la fête de Hanoukka plus inclusive, bienveillante et accueillante pour les minorités opprimées, et pour les racisée.e.s.x :

Hanoukkah inclusif.v.e ou l’effort de modernisation: Le Premier livre des Maccabée.e.s.x

Antiochus Epiphane, le roi indigène de la république bananière anatolienne, qui malheureusement n’est pas exempt de la mentalité coloniale répandue à la vitesse d’une pandémie par les Hébreux.se.s.x de la Palestine post-mandataire, exproprie les richesses des capitalistes et colons du Temple et persécute des Juif.ves demeuré.e.s fidèles à l’ordre patriarcale hétéronormatif.

Quand iel vit son règne affermi, Antiochus, qui s’est approprié le prénom grec, voulut étendre son pouvoir sur la terre d’Égypte (les indigènes nourrissent toujours les projets de colonisation malgré leurs statut de victimes à perpétuité), afin de régner sur les deux royaumes (l’impérialisme à l’ancienne). Entré en Égypte avec une armée imposante (ici une remarque s’impose : on comprend mal pourquoi « l’armée » est au féminin, alors qu’elle est composée majoritairement de masculinistes violents avec, cependant, une excuse- d’être racisés), des chars, des éléphants (de pauvres animaux exploités, humiliés, dressés pour le combat colonial, dont fort heureusement l’organisation SOS animaux a vigoureusement pris la défense contre ce péril anatolien) et une grande flotte, iel attaqua le roi d’Égypte, Ptolémée, recula devant lui en laissant beaucoup d’hommes sur le terrain. L’invisibilisation de la femme et des personnes trans allant son train, ou plutôt son éléphant, l’histoire de cette période montre les discriminations sexistes, racistes, machistes et homophobes du système militaire séleucide : les combattantes.x féministes et trans séleucides sont des grandes oubliée.s.x de ce récit. Les villes fortes égyptiennes étaient prises (le pillage colonial battait son plein) et Antiochus  s’empara des dépouilles du pays. Les ONG égyptiennes qui interviennent en faveur de la restauration du patrimoine décolonial et de la récupération des biens expropriés, mènent actuellement dans le cadre de l’ONU une campagne importante auprès de la Commission des Droits humains, féminins et animaux… ».

J’espère que cet exemple sera suivi par un grand nombre de confrères et consœurs ligué.s en consortium inclusif et bienveillant. L’adhésion du lecteur, de la lectrice et du/de la lectaire aux valeurs éthiques et morales de la société contemporaine passent par les lectures saines et l’amour de l’idiome épuré de vocables androlectaux, genrés et discriminants.


[1]   Viennot, Eliane (2014), Non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin, Paris, éd. iXe, p.18

[2]  Ops.cité., p.19

[3]  https://www.cairn.info/revue-nouvelles-questions-feministes-2006-3-page-94.htm

[4]   https://u-bourgogne.hal.science/hal-01998226/document

6 réflexions au sujet de “Les violences sexistes et sexuelles de la langue et de la littérature françaises: lectures d’été.”

  1. Adishatz,
    Je suis objectivement abasourdi par votre article tant cette exploration genrée de la littérature passée et présente -mes propres romans en seront in fine victimes – est bel et bien hallucinante. À tel point, qu’on peut sans doute être partagé entre le rire ou les larmes. J’avoue que je ne pensais qu’une pensée totalitaire et moralisatrice pouvait exister. Merci de me l’avoir fait connaître.
    Hètz beròi

    Sèrgi Javaloyès

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  2. Ces absurdités dans l’université en principe  » temple du savoir  » laissent songeur.
    Merci pour cette démonstration de l’absurde par l’absurde.

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  3. L’Université et le clergé ont toujours été liés. Je dirais même que c’est un temple du clergé dominant. Et je crois vraiment que cette institution est entourée de mythes: libre pensée, courage intellectuel, idées audacieuses etc. Vingt trois ans au sein de cette institution m’ont appris à me méfier de ces mythologies. J’ai eu une chance de suivre les enseignements linguistiques de derniers géants; nombreux parmi eux étaient membres du Parti communiste, il est vrai, mais cela n’entachait pas leurs enseignements théoriques et pratiques. Aujourd’hui, c’est le royaume du conformisme, de la fadeur et de la crétinerie, sauf quelques rares exceptions. Je crois sincèrement que même si l’idéologie communiste était fondée sur une utopie dangereuse, elle était ancrée dans la matière; les idioties que je cite dans mon article (la citation des dames chasseresses des impuretés n’est pas inventée) sont d’une très rare bêtise réactionnaire (celle qui regrette le passé puritain), et le comble c’est que la plupart des collègues n’osent pas dire que le roi est nu, tout en le sachant.

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  4. Je ne pensais pas qu’un contemporain fût capable d’égaler le Curtis auteur de merveilleux pastiches : bravo de nous faire sourire avec un sujet si consternant !
    Le satiriste James Finn Garner ayant donné d’amusantes et désolantes versions « politically correct » — comme on disait jadis, dans ces années 90 si éloignées qu’elles en paraissent pré-historiques — de contes célèbres n’aurait pu rédiger ces Maccabée.e.s.x révisés de si heureuse manière.
    Une remarque : c’est très bien, de savoir que le roi est nu et même, pour les plus courageux, de l’oser proclamer à voix haute ; c’est parfaitement inutile. Dans le conte, le petinenfant voit bien que l’empereur ne porte aucun habit merveilleux ; c’est ensuite le père du petinenfant ; enfin, la foule finit, laborieusement, par le voir elle aussi ; mais c’est en vain car l’empereur et ses courtisans — tous les importants, tous ceux qui *sont* et qui *ont* tout, tous ceux qui ont le pouvoir ou une fraction d’icelui –, tous continuent leur marche comme si de rien n’était. L’allergie au réel n’a aucun remède ; la révélation de la vérité n’a *aucun* effet sur le délire de l’oligarchie, et c’est, à mon sens, la vraie leçon du texte, non l’habituel « la vérité sort de la bouche des petinenfants ». Une suite serait à écrire qui verrait les têtes dotées de bons yeux tomber sous le couperet du bourreau.
    Encore une fois, Madame, bravo !

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    1. Merci beaucoup de votre commentaire! Je partage absolument votre point de vue sur l’absence de l’effet de ce genre d’écrits sur le délire ambiant, je vois l’institution dont je suis membre sombrer dans ces absurdités malgré les textes sérieux qui démontrent que tout ceci est une c…ie sans précédent. Les textes comme celui-ci sont fait pour le plaisir de la liberté.

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      1. Je n’y pense que trop tard en vous relisant : quel grandiose canular à la Sokal et Bricmont, si vous aviez envoyé le texte, privé de son « trigger warning », à quelques bons journaux !
        La « Commission des Droits humains, féminins et animaux » devrait aussi s’occuper des droits des végétaux et même, à tout hasard, de ceux des minéraux. Les uns et les autres sont dotés d’une âme, comme l’avaient pressenti le G.I.C. Jalons avec sa « Déclaration universelle des droits de la plante » et le génial Papini avec « Ramon et les minéraux. »
        Du « Care » au Khmer, il y a plus qu’une approximation phonétique.

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