par Yana Grinshpun
Je continue ma série de décryptage des ouvrages de propagande.
Aujourd’hui, Pascal Boniface et ses « Chiers de vacances » sur la Palestine.
Pascal Boniface aime se présenter comme géopolitologue. Fondateur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), auteur de dizaines d’ouvrages, omniprésent dans les médias, il est devenu au fil des années l’une des voix françaises les plus influentes sur le conflit israélo-palestinien.
Mais chez Boniface, la géopolitique semble souvent s’arrêter là où commence Israël. Depuis plus de vingt ans, il construit un récit dans lequel l’État juif occupe une place singulière : celle de l’accusé permanent. Les dictatures, les guerres civiles, les massacres de masse, les persécutions religieuses, les crimes des régimes islamistes ou autoritaires traversent son analyse du monde ; Israël, lui, devient une obsession récurrente.
Et il a une qualité : il ne recule jamais devant le révisionnisme, on va le voir.
Ses « Cahiers de Vacances » sont destinés aux adolescents désireux de parfaire leur culture géopolitique. C’est important. Parce qu’il ne s’agit pas ici d’un débat entre adultes, mais d’un objet pédagogique censé transmettre des connaissances. Edité par une maison d’édition sérieuse Eyrolles.
Qu’apprend-on aux ados sur ces pages que je joins à cet article?
Que le conflit israélo-arabe se résume à une histoire simple : d’un côté les méchants génocidaires de l’autre les gentils opprimés ontologiquement innocents.
On apprend aussi que le mot « génocide » peut être utilisé comme une évidence, sans expliquer qu’il existe que les juristes ne sont pas d’accord sur ce terme, surtout appliqué à Israël, qui mène une guerre contre ceux qui veulent son extermination.
Que les massacres du 7 octobre, les viols, les mutilations des femmes, des hommes et des enfants, même post mortem attestés par les rapports des experts internationaux (puisque les victimes juives ne sont pas crédibles), l’idéologie exterminatrice du Hamas, les déclarations de ses dirigeants et les témoignages des terroristes eux-mêmes ne méritent visiblement pas la même attention de Boniface. Pour vous les sources:
https://www.civilc.org/silenced-no-more
https://press.un.org/en/2024/sc15621.doc.htm
Cliquer pour accéder à The-Dinah-Project-full-report-A4-pages_web.pdf
Passons au grand héros de la « résistance » palestinienne, le chef du jihad palestinien et l’homme du KGB, proche des Frères musulmans, Yasser Arafat. Boniface, fin connaisseur de l’histoire du Proche-Orient, ne peut pas ignorer qui était Arafat, le prix Nobel du terrorisme, financé par le nazi suisse François Genoud et par le KGB.
Non, pour le Boniface, Arafat symbolise « la résistance ». En arabe, la « résistance » -al muqawama – (مقاومة) est une doctrine politico-religieuse, « la doctrine du combat constant », élaborée par Hassan Nasrallah et Khaled Mechaal. D’ailleurs, le Hamas est un mouvement de la résistance islamique « Harakat al-Muqawama al-Islamiya ». La devise de cette « résistance » est « le sang, pas la terre ». C’est prendre les ados pour une cible d’endoctrinement que de leur vendre de pareils mensonges. Exilé, Arafat ? D’où ? Du Liban, parce qu’il a détruit ce pays, et il a dû fuir en Tunisie, tellement sa résistance a fait des dégâts au Liban. Arafat est un jihadiste. Voici les preuves, ses appels au jihad!
https://youtube.com/watch?v=0yIlszDfp94
La propagande déteste la complexité.
Alors viennent les cartes. Un véritable chef-d’œuvre de manipulation cartographique. Le directeur de l’IRIS ne se gêne point : il efface, comme ses copains du monde arabe, Israël de la carte. « Les quatre cartes de la Palestine », présentées aux gosses français depuis 1945 et jusqu’en 2026, n’ont carrément pas de mention « Israël ». Et là, Pascal Boniface se surpasse, aidé par les éditions Eyrolles. Non seulement il efface le nom « Israël », il joue avec la dénomination Palestine. Il s’agit là d’une mystification territoriale, dénominative et cartographique, comme l’a magistralement montré Jean Szlamowicz. https://perditions-ideologiques.com/2020/06/19/linvention-politique-de-la-palestine-une-mystification-territoriale-denominative-et-cartographique/
Le nom « Palestine » a été au cœur d’une opération de requalification politique et historique. Longtemps utilisé pour désigner une région géographique et, dans de nombreux usages, les Juifs qui y vivaient, le terme a progressivement été redéfini comme le nom d’un peuple et d’une nation supposés préexistants. Cette mutation sémantique a permis de transformer une revendication politique contemporaine en continuité historique apparente. En faisant de la Palestine une réalité nationale ancienne, le discours dominant crée rétrospectivement l’image d’un peuple dépossédé de sa terre. Les célèbres cartes de la « disparition de la Palestine » reposent sur ce procédé : elles attribuent à des périodes où aucun État palestinien n’existait une souveraineté palestinienne imaginaire. Il n’y a jamais eu aucun État souverain palestinien. Jamais. Pas davantage en 1945 qu’en 1920 ou en 1880.
C’est un procédé classique : on modifie les mots, ensuite on modifie les cartes. Et enfin, on modifie les mémoires.
Mais le plus fascinant n’est pas le travail de Pascal Boniface. Il est connu par ses « analyses ». Pour lui, la haine d’Israël est son gagne-pain. Le plus fascinant est qu’un tel ouvrage soit présenté comme un support éducatif. La question s’adresse donc aux éditions Eyrolles.
À quel moment ont-elles considéré que ce récit relevait de la transmission du savoir ?



