Médias et conflit israélo-palestinien

Les proportions morbides ou les mathématiques médiatiques

Roland Assaraf, Yana Grinshpun

Le chant des pleureuses médiatiques des morts palestiniens n’a jamais été aussi bien réglé :

Gaza : la réponse d’Israël « totalement disproportionnée » : titrent le Figaro, la Croix, Ouest France, Europe1

« Les méthodes disproportionnées d’Israël à Gaza » Le Monde

« Violences à Gaza » : « violence excessive et disproportionnée d’Israël à Gaza »  Rtbf

On peut continuer la liste des titres et des articles de ces derniers jours ad libitum. De quoi, au juste, accuse-t-on Israël ? A quoi renvoie le référant « disproportion » et le prédicat « disproportionné »? Qui sont les décideurs des proportions et quelles sont les «  bonnes » proportions? Quelles sont les sources de ces chiffres, d’où proviennent-elles, par quelle (s) entité (s) sont-elles cautionnées ? Mathématiques, juridiques, journalistiques ? Quel est le garant de la justesse des proportions ?

Commençons par la dernière question.  Dans l’article de RFI du 14 mai, par « souci d’objectivité », l’auteur de l’article cite les propos du premier ministre israélien et  du porte-parole du  Ministère des affaires étrangères israélienne qui expliquent que la responsabilité des morts palestiniens incombe au Hamas. Mais, car il y a toujours un « mais » ou un « néanmoins » ou  « cependant » lorsqu’il s’agit des propos contraires à ceux qui doivent être véhiculés par le discours médiatique  français ambiant et unilatéral, le correspondant sur place de la RFI constate «  néanmoins que dans les manifestations, il n’y a pas de drapeaux du Hamas. Ni même ceux du Jihad islamique ou ceux du Fatah. » et que « Ce mouvement, sur place, apparaît surtout apolitique ». On a envie de lui demander s’il est naïf ou de mauvaise foi ou délibérément propagandiste? Les pogromistes de la Cent Noir, eux, n’avaient pas besoin de drapeau pour se préparer aux massacres des Juifs. Et quel était, au juste, le drapeau de Bogdan Khmelnitski au XVIIe siècle en Ukraine ? Le discours du Hamas auquel réfèrent si souvent les médias français est tout d’un coup devenu inaudible aux spécialistes de la désinformation. Ils ne se fient qu’aux images qu’eux-mêmes construisent aveuglés par les contraintes de l’antisionisme viscéral.

Ce à quoi font écho les « spécialistes » convoqués par Huffington Post qui expliquent le « vrai » rôle du Hamas dans les affrontements. Et le « vrai rôle », ô surprise, selon ces « chercheurs » qui « constatent » depuis leur cabinet parisiens que la volonté du Hamas est  « d’appuyer les mobilisations de la société civile et de suivre la société civile dans sa volonté de s’inscrire dans une résistance populaire et pacifique« . Rien de moins. Les médias français ont enfin trouvé un euphémisme pour l’appel de Haniyé  « tuer les juifs » : « résistance pacifique et populaire ». Complètement étouffé par le Hamas, volés par leurs propres dirigeants,  qui au lieu d’investir dans l’éducation, la santé, l’agriculture, investissent dans la construction des tunnels et des roquettes, les Gazaouis résistent à  « la présence juive »  sur « leurs «  terres, celles –mêmes qu’ils brûlent, saccagent, détruisent en les transformant en cendres.

Nous avons déjà montré dans les articles précédents le « pacifisme » de ces mobilisations qu’ignorent curieusement ces « chercheurs » , pour qui il s’agit d’un mouvement « spontané », « populaire », « bon enfant », en somme, comme titrait Libé, qui lancent les cerfs volant enflammés sur les terres cultivés par les voisins juifs et brûlent les champs de blé en infligeant des pertes importantes aux agriculteurs israéliens, ceux qui coupent la barrière, qui permet de minimiser les flux  d’infiltrés en Israël et protège les citoyens israéliens des massacres. Car même si on donne dans l’angélisme pro-palestinien habituel aux médias, il est difficile d’imaginer que ceux qui veulent passer la barrière vont s’inviter prendre un verre chez les voisins israéliens pour discuter des problèmes de la paix.

Mais nous devons reconnaître que notre scepticisme en la matière n’est rien comparé au cynisme des médias quant à la présentation des proportions ou plutôt les disproportions de la riposte de l’armée israélienne. En effet, on voit les médias regretter à l’unisson que la réponse est disproportionnée, la preuve : 59 morts à ce jour du côté palestinien et zéro côté israélien. Benoît Hamon le dit ouvertement  dans l’entretien accordé à RTL, et Libé, Médiapart et Ouest-France reprennent le refrain. En lisant les articles et en écoutant les hommes politiques ou les personnalités médiatiques parler de la situation à Gaza, on s’aperçoit qu’ils regrettent, à l’instar de Hamon qu’il n’y ait pas de morts du côté israélien, c’est cet état de choses qui fait dire aux médias que la réponse est disproportionnée. Récemment, il y a eu 12 enfants morts en Israël à cause des inondations violentes, cela devrait faire très plaisir aux médias de gauche qui adorent le comptage mortifère, et là, enfin, il y a des morts Juifs ! Benoît Hamon peut souffler ! On est presque désolés que ces enfants n’ont pas été tués par les palestiniens !

Mais qu’est-ce qui fait une « bonne proportion » qui justifierait la réponse d’Israël, qui, d’ailleurs, est toujours « disproportionnée », car il y a moins de morts de ce côté ? Elle doit exister, puisque la « disproportion » implique l’existence de la « proportion ». C’est-à-dire un ratio civils/terroristes  acceptables ?

Du point de vue médiatique et celui de l’état français, il aurait fallu laisser des civils israéliens se faire assassiner pour garder le ratio acceptable, quitte à tuer au final beaucoup plus de terroristes. Ce qui compte, selon cette logique ce n’est pas de minimiser le nombre de morts, en protégeant les civils contre les attaques des terroristes du Hamas (rappelons que le Hamas a revendiqué les 59 morts comme appartenant aux unités militaires, mais de maximiser le nombre de morts israéliens par terroriste tué. Cela créera certainement une bonne proportion. On a l’impression d’assister au match de foot où les commentateurs regrettent le compte 0 :59

Israël réussit à préserver ses civils en défendant les frontières (zéro buts, zéro morts), les Gazaouis perdent en attaquant (59 buts). Ce sont donc les Israéliens les plus forts, et c’est ça leur culpabilité, car le fort a toujours  tort. Surtout s’il est Juif.

Revenons maintenant à la logique journalistique. Affirmer que le forçage de la frontière est une action pacifique revient à dire que parmi les manifestants il n’y a pas de terroristes, pas de criminels qui cherchent à tuer des Israéliens. Ce discours médiatique occidental est faux, car il ne tient pas compte des revendications du Hamas qui clament ouvertement l’assassinat d’un grand nombre d’Israéliens.

Par ailleurs, s’il n’y a pas de morts côté israélien, c’est parce que personne n’a réussi à forcer la frontière et non pas parce que tout était pacifique (nous avons déjà montré que pour les journalistes français le tir des mitrailleuses, les bombes incendiaires, les tentatives de l’infiltration des palestiniens en Israël sont ludiques et paisibles). C’est comme dire qu’il n’y avait pas l’affaire des « blouses blanches » en Russie et que personne ne voulait envoyer les Juifs en Sibérie. Il n’a pas eu d’envoi en Sibérie, parce que Staline, qui a donné l’ordre d’extermination des Juifs en 1953, est mort cette même année avant d’accomplir le massacre prémédité.

Il est difficile d’attester du pacifisme sans connaître le comportement des  palestiniens  forceurs de frontière, face à des israéliens.  Il y aurait  deux manières de le savoir

  1. Les émeutiers réussissent à passer de l’autre côté de la frontière et l’on regarde ce qu’ils font.
  2. Les journalistes pourraient tester eux-mêmes caméra à la main, en allant les voir avec une Kippa et de tefillines (attributs typiques des juifs religieux) pour voir leur comportement.

 

En absence de telles expériences, les journalistes ne peuvent se baser que sur les discours. Or, le discours du Hamas c’est le discours de la destruction d’Israël : traverser la frontière pour tuer le maximum de Juifs.  La faille logique de ces discours des médias est la même que celle qui consisterait à dire qu’un individu déclarant voler une épicerie n’est pas un voleur, car il n’a rien volé dans l’épicerie, qu’il a trouvé vide.

Si ce n’est pas non plus  sur  les discours des palestiniens,  et en particulier ceux du Hamas  sur lequel se basent les journalistes,  c’est  que ce  discours médiatique n’informe  pas sur les événements mais sur l’énonciateurs principal, sur l’AFP et la société qui choisit d’accepter ces récits.

Il montre que l’antisémitisme meurtrier voire génocidaire européen,  se cache  derrière un antisionisme meurtrier  par la procuration  d’organisations comme le Hamas, qui sont  encouragées à utiliser  les arabes dits palestiniens (suivant la  dénomination d’origine occidentale) comme chair à canon.

Lorsque les soldats français ont tué 30 « Djihadistes » pour aucun soldat tué français, nous n’avons pas entendu parler de disproportion.

https://www.ouest-france.fr/monde/mali/mali-30-djihadistes-tues-dimanche-lors-d-une-operation-franco-malienne-5675324

Pourtant ces « Djihadistes » ne cherchaient pas  à forcer la frontière pour tuer des civils français.

Ce genre du discours faussement « équitable » apparaît ainsi comme un discours meurtrier en regrettant explicitement, comme dans le cas de Hamon, l’absence de morts côté Israël, au prix de beaucoup plus de morts palestiniens.

 

 

 

 

 

 

 

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