antisionisme, désinformation

Discours médiatiques: faits et manipulations (volet 1)

Yana Grinshpun, Roland Assaraf

 

Le déchaînement médiatique autour des actes antisionistes:agression d’A. Finkielkraut, les croix gammées par ci et par là et les agressions physiques variées et diverses  ne  nous semblent pas étonnants. L’ l’article de Shmuel Trigano résume très bien les rasions de ces actes.

Tous ces événements vont de pair avec un grand nombre d’articles publié depuis 2014 dans l’ensemble de la presse analysée dans notre corpus qui est  composé de 100 articles consultables en ligne. La grande majorité de ces textes émane des médias qui se positionnent à gauche et à l’extrême gauche : Le Monde, Le monde diplomatique, Libération, Médiapart, 20 minutes. La doxa  parle des Israéliens et aux Palestiniens de la manière suivante :

« Pour la première fois dans l’histoire de l’ONU, un rapport publié en son nom accuse Israël de soumettre les Palestiniens à un régime d’apartheid. Ce document, dévoilé mercredi 15 mars à Beyrouth, émane de l’ESCWA (Economic and Social Commission for Western Asia), l’une des cinq commissions régionales des Nations unies, chargée des questions économiques et sociales dans le monde arabe, dont le siège se trouve dans la capitale libanaise. » (https://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2017/03/16/un-rapport-de-l-onu-accuse-israel-d-apartheid-envers-les-palestiniens_5095663_3218.html

« Les dirigeants néo-nazis israéliens doivent donc être jugés par la Cour pénale internationale pour génocide. » (https://blogs.mediapart.fr/pierre-magne/blog/100814/les-neo-nazis-israeliens-suite-2)

« Les colons blancs de l’Afrique du Sud, tout comme les pionniers du sionisme, se sont installés dans un pays où vivait déjà un autre peuple. Comme en Afrique du Sud, les colonisateurs de la Palestine vont expulser la population indigène arabe de sa terre, soit les deux tiers des Palestiniens vivant sur le territoire qui deviendra Israël en 1948, s’emparer de leurs terres et de leurs biens et faire longtemps subir à ceux qui restent dans ce qui est désormais défini comme un « Etat juif » une législation ségrégationniste. ») (https://www.monde-diplomatique.fr/2003/11/FARSAKH/10683

On constate, en effet, dans la presse nationale, surtout la presse alternative en ligne, un nombre important d’articles qui se construisent autour de l’analogie persistante (« équations efficaces », selon la qualification de G. E. Sarfati) « Israël est un pays d’apartheid » ou les mots comme « nazisme » et « génocide », apposé au nom du pays et suscitant une adhésion publique surtout lorsqu’ils sont énoncés par les personnalités du monde culturel : tel José Saramago, célèbre écrivain portugais, qui a comparé Ramallah à Auschwitz, ou encore un historien israélien Zeev Sternell dans le Monde daté de 17 février 2018, Michèle Sibony dans une toute récente émission de Taddeï Interdit d’Interdire sont des spécimens exemplaires de cet usage du langage

La vérité, on le sait, a plusieurs visages et le discours  peut construire des réalités différentes moyennant le choix lexical sémantique ou syntaxique, en utilisant les mots, qui à force de répétition, se chargent de sens inédits, mais il ne faut pas oublier qu’il existe des contre-points dans la réalité qui sont à même de contredire la construction discursive.

« Neo-nazis », « lois ségrégationnistes », « apartheid », « colonisateurs » sont des termes récurrents sous la plume des journalistes. C’est de cette manière que lorsque j’interroge mes étudiants en Master 2 au séminaire de l’Analyse du Discours à propos de la formule « apartheid », ils me répondent qu’il y a deux pays au monde où ce régime est pratiqué : Israël et l’Afrique du Sud. Aucun d’eux n’est allé dans ces pays, aucun ne connaissait la littérature historique consacrée au sujet. Toutes les informations que ces étudiants ont, viennent de leur lecture de la presse. La régularité de leurs réponses permet de supposer qu’on peut parler des croyances de lecteurs inculquées par le discours médiatique et de leur ignorance totale de l’histoire du Proche Orient, de la colonisation par l’Empire Ottoman des territoires actuels d’Israël et de l’Autonomie Palestinienne, du Mandat Britannique, du partage des territoires entre les Juifs et les Arabes et du refus arabe de ce partage.

Le terme « apartheid » est souvent utilisé afin de parler du système politique qui a été mis en place en Afrique du Sud. Entre 1948 et 1991, ce régime consistait à une séparation des hommes et des femmes selon leur couleur de peau, leur attribuant ainsi des lois différentes.

Cependant ce « mot » peut être entendu dans le discours médiatique et politique pour désigner tout autre chose qu’une discrimination en loi.  Dans le discours médiatique (ou politique), il réfère à une répartition de la population jugée similaire et injuste, dans un espace autre que l’Afrique du Sud. Ce mot fait plutôt office de ce qu’Alice Krieg-Planque définit comme « formule » : « un ensemble de formulations qui, du fait de leurs emplois à un moment donné et dans un espace public donné, cristallisent des enjeux politiques et sociaux que ces expressions contribuent dans le même temps à construire ». Nous ajouterons, les enjeux idéologiques qui permettent, en usant de la magie des mots, de délégitimer l’existence d’Israël.

Qu’en est-il des faits sur le terrain ?

Number of Arabs in Israeli Higher Education Grew 79% in Seven Years (https://www.haaretz.com/israel-news/number-of-arabs-in-israeli-higher-education-grew-79-in-seven-years-1.5763067 Le 24 janvier 2018

L’augmentation du pourcentage des étudiants arabes dans les Universités Israélienne est un étrange signe de ségrégation, alors qu’il existe plus de 11 Universités en territoire de l’Autonomie Palestinienne et une trentaine d’instituts  ou d’établissement supérieurs.

L’Université hébraïque de Jérusalem accepte les étudiants palestiniens après le bac obtenu dans l’Autonomie palestinienne. https://www.haaretz.com/israel-news/.premium-hebrew-university-to-recognize-palestinian-authority-test-scores-1.5443610  Le contraire n’est pas vrai. Les médias occultent ces informations.

Et voici un document émis par des étudiants arabes des Universités Israéliennes/

https://electronicintifada.net/content/palestinian-students-israeli-universities-support-academic-boycott/1001

“We are Arab students at the Israeli universities writing to you in support of the proposed academic boycott of Israeli academic institutions. We believe that the boycott is timely and hopefully will help in upholding moral values of fairness, justice and equality which have been sorely missed in our region.”

Comment est-ce que ces étudiants pouvaient se trouver à l’Université Hébraïque s’il c’est un pays « d’apartheid »? Cet exemple montre bien qu’il y a des faits d’un côté, et des mensonges de l’autre.

La liste arabe unie au Parlement Israélien est composée de trois partis arabes : Ta’al, Balad et Hadash. Comme l’écrit Suha Sibani dans la revue Hérodote « Le gouvernement d’Itzhak Rabin, qui venait de signer les accords d’Oslo en 1993, ne s’est maintenu au pouvoir que grâce à l’appui des députés arabes. Or, les partis auxquels ils appartenaient, proclamaient l’appartenance consciente et active des citoyens arabes d’Israël au peuple palestinien jusque dans l’enceinte du Parlement, la Knesset. » (https://www.cairn.info/revue-herodote-2007-1-page-79.htm)

De même pour le mot « génocide »,

Nous renvoyons pour la discussion de la définition du terme génocide aux travaux de H. Fein (1993 Genocide. A sociological perspective , Chaumont J.M.  (1997) La concurrence des victimes Waintrater , R. 2016 Le génocide des Tutsi au Rwanda)

Les caractéristiques essentielles en sont

-Ségrégation

-Tri

-Mise à l’écart d’un groupe

-Élimination de la population.

L’apartheid serait un prélude au génocide qui aurait pour résultat la diminution drastique de la population triée. Que dit le bureau des statistiques de la Palestine (cf. diapo) De 1997 au 2018 la population palestinienne a augmenté de 75% (l’augmentation annuelle étant de 2,7 %)

La répétition de ces termes à portée péjorative maximale du point de vue éthique, crée une représentation d’Israël comme d’un Etat criminel, commettant les crimes contre l’humanité. Le sous-entendu de ces accusations est qu’un tel pays n’a pas le droit d’exister

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